D6015 – image manquante

F1040006

L’image manquante est en noir et blanc. Elle date de 1963, comme c’est indiqué au dos de la photo, écrit à la main avec un stylo à plume de couleur bleu azur. La photo est très abîmée, même rangée dans un petit coffre, elle a été rongée par le temps et usée par les nombreuses inondations de la cave. Elle est cornée en haut à gauche. Même si on voit les efforts faits pour la conserver, elle semble avoir été oubliée dans cette cave comme un jouet d’enfance avec lequel on a trop joué.

Je l’ai trouvée dans la cave de la maison de mon grand-père, peu de temps après sa mort, au moment de vendre sa maison.

Sur l’image manquante, on le voit à l’intérieur de sa voiture, assis sur le siège conducteur, les mains sur le volant. C’est une 2CV, on la reconnaît grâce à son tableau de bord assez typique de ce modèle.

Au fond de l’image manquante, à travers la fenêtre, on voit une station essence avec trois rangées de pompes parfaitement parallèles. Le prix de l’essence est affiché sur une petite pancarte avec pour slogan  » L’essence à gogo, y a pas moins cher  « .

Mon grand-père est garé sur le parking de la station, il semble attendre, peut-être attend-il qu’on lui fasse le plein. Il a l’air heureux, il est jeune, la vingtaine je pense, à cette époque il travaillait encore à la ferme de ses parents, il est plutôt bien coiffé quand on sait que plus tard, il n’y attachera guère d’importance. Il est de profil, la tête légèrement inclinée vers l’appareil photo mais il ne le regarde pas. Je me demande encore qui l’a pris en photo, sans doute son ami assis sur le siège passager.

La photo semble n’avoir aucune importance au premier abord mais elle en a pour mon grand-père qui l’a conservée toutes ces années. J’ai mis longtemps à réaliser que c’est à cet endroit que mon grand-père a vu pour la première fois la femme de sa vie, ma grand-mère.

F. V.

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D6015 – image manquante

F1050009

Sur la photo manquante, il y a l’obscurité. Cette ombre fantomatique passant sous ce pont, vers le centre commercial. De l’autre côté du pont, il y a le parking, les voitures, la foule de gens qui se précipitent pour chercher une place ou pour arriver les premiers dans les magasins.

Cette photo représente l’obscurité, le froid, la solitude. À chaque fois que je passe par là je ressens des frissons, comme pour me prévenir d’un danger. Plein d’imaginations abracadabrantes se forment dans ma tête en apercevant cette flore desséchée par le gel.

Lorsque j’arrive dans le centre commercial, j’aperçois enfin le soleil, qui redonne un vif dynamisme à tout ce qui m’entoure.

La photo manquante, c’est l’obscurité du pont, formant un passage transitoire entre la pénombre et la vie.

E. Y.

F1040028

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D6015 – image manquante

F1010025

L’image manquante est cette photo sûrement prise par ma grand-mère, au papier glacé et aux bords jaunis et vieillis par le temps, où l’on aperçoit une jeune maman et sa fille jouant à trappe-trappe.

Cette photo dégage une ambiance joyeuse ; on entend les rires de l’enfant.

Sur la photo, il y a une porte en bois marron foncé donnant directement sur une cuisine lumineuse aux coloris pastels, où le bois clair se mélange au vert d’eau des placards.

Me revient une odeur d’herbe coupée et mouillée, la couleur chaleureuse de cette maison aux briques rouges et aux ardoises blanchies par le temps.

Depuis cette porte, on a une vue sur un grand jardin fleuri où l’on aperçoit des pâquerettes et des boutons d’or que j’adorais cueillir et que je glissais sous le menton de ma mère quand j’étais petite.

De ce jardin, où volaient des papillons, j’apercevais ma mère préparer une tarte aux pommes.

Dès que l’on en avait l’occasion, on se promenait toutes les deux ; je me souviens de cette arche en briques blanches et orange, dans un petit parc où il y avait des jeux pour enfants, près de petites maisons résidentielles.

Dans l’air chaud qui annonçait sûrement l’été, je mangeais une glace à la fraise en lui tenant la main.

Quelques années plus tard, nous nous sommes rendu compte que cet endroit magique n’existait plus. À la place, nous avons trouvé un grand mur gris.

C. T.

F1030004

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D6015 – image manquante

F1010022

L’image manquante me représente, me représente en train de m’éloigner et disparaître dans cette forêt peu à peu dévastée par l’homme. Cette image me représente me dirigeant vers ce ruisseau où la paix et la douceur de la nature donnent cette impression de tranquillité et de repos dont tout le monde a besoin.

L’image manquante est celle du changement, celle d’une lassitude envers quelque chose qui n’attire plus personne, cette image est celle de la ville, celle qui grandit chaque jour, où le stress, le travail, la rapidité, la volonté de toujours faire plus donnent cette impression de nausée. On peut y voir ces constructions de plus en plus nombreuses, faites pour ravir ces consommateurs de moins en moins soucieux de l’environnement. L’image manquante me représente, moi et mon envie de quitter ce monde qui dénature nos origines.

Cette image me représente en arrière plan, là où se trouve cette forêt qui résiste. Cette image me représente triste de quitter ce monde que j’ai vu grandir, sur cette image, je repars en traînant des pieds, abattu par la cruauté et la méchanceté des hommes. Le premier plan est flou et sans avenir, voué à l’autodestruction.

Arthur Carpentier

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Ce qu’il y a à Barentin

« Ce qu’il y a à Barentin » est un texte collectif écrit par les élèves de 2e4 sur une consigne d’Hélène Gaudy lors du premier atelier.

L’écrivain Hélène Gaudy a demandé aux élèves de la classe d’évoquer un lieu d’ici, bien connu, un lieu qui leur tenait à cœur. Il s’agissait de le décrire, d’énumérer ce qu’un observateur pouvait voir, de zoomer sur les éléments intéressants, de faire sentir ce que ce lieu avait de particulier. Les textes réunis disent « ce qu’il y a à Barentin » et dessinent la forme d’un lieu familier et singulier à la fois.

Sur le blog d’Hélène Gaudy, voici comment elle présente ce travail et ses photos du diaporama qui en a résulté : http://helenegaudy.blogspot.fr/2013/06/voyages-en-ville-ii.html

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D 6015 – image manquante

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Cette image manquante est imprimée sur un papier glacé qui donne aux couleurs de l’intensité.

On y voit cette plage où ma petite sœur pose comme toujours avec son grand sourire qui montre sa joie de vivre. Elle regarde le photographe qui est certainement mon père. Ma sœur est mise en valeur par ses vêtements colorés. Elle porte une robe rose fuchsia, avec à son cou le nœud du maillot de bain qui ressort. Ces cheveux blonds sont détachés et frisent plus que jamais. Ses chaussures sont assorties à sa robe. La mer, elle, est d’un bleu turquoise avec son sable blanc.

Les tas de terre du chantier me rappellent ces dunes de sables. Les cabanes de tôle, celles du bord de la plage.

C. D.

F1040020

L’image manquante est la vue d’un chantier en construction. Il est la grande attraction des délinquants, des trafiquants, et la fierté du maire qui compte sur ce chantier pour assurer sa réélection.

C’est donc une image officielle prise par un photographe professionnel, une commande sans aucun intérêt artistique. Avant, ce paysage l’aurait peut-être davantage enthousiasmé. C’était un grand champ bordé d’arbres que j’admirais le matin de ma fenêtre, un champ multi-teintes – du vert, du bleu, du jaune qui s’effacent en été et blanchissent en hiver pour laisser les enfants jouer. Aujourd’hui, c’est un parking délimité par des garages et des arbres que je déteste regarder.

Des champs aux chantiers, il s’est passé des choses et cette image disparue le montre. Elle montre les camions qui laissent des traces dans la terre, les tas de sables, de graviers et de parpaings qui laissent tous des ombres, des ombres où des ouvriers se reposent.

Ils sont à peine visibles, seul le grutier se distingue. Il est de dos sur l’échelle, il doit sûrement en descendre même si rien ne permet de l’affirmer. Il me donne le vertige, moi qui ne l’ai pas, la photo est cadrée d’une telle façon que la grue heureusement bien fixée semble pencher sur le côté. Je regarde le paysage encore visible avant qu’il ne disparaisse derrière les constructions de l’homme.

Lorine Estermann

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D 6015 – image manquante

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Sur l’image manquante, il y a un garçon, un petit garçon qui s’amuse entre les voitures garées et les caddies sans aucune crainte, avec toute l’innocence des enfants. En le regardant s’amuser, des souvenirs remontent en moi. Je me souviens de mes bêtises, de mes pleurs, de mes crises de nerfs, de mes joies, et puis un souvenir plus précis : c’est le souvenir d’une forêt, grande, aujourd’hui rasée et remplacée par des maisons, mais plus précisément d’un arbre où l’on grimpe. C’est notre «maison», les adultes ne connaissent pas cet endroit. Seuls les enfants ont le droit de monter dedans et aucune loi n’existe ici. Plus haut, un terrain de cross où l’on vient avec nos vélos pour faire des courses et même des chutes. Les plus courageux vont jusqu’à la «descente de la mort».

Quand nous sortons du centre commercial, le petit garçon est encore là. Il s’approche de moi et me demande de le prendre en photo. J’accepte. Plus tard, en voiture, tandis que ma mère conduit, je sors l’appareil de mon sac et me rends compte que l’enfant n’est pas sur la photo. Je n’ai jamais su qui il était, c’est comme s’il n’avait jamais existé.

P. V.

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D 6015 – image manquante

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Sur l’image manquante, la porte du gymnase est grande ouverte. Ce gymnase se trouve en face du stade où je fais du sport chaque semaine. Un gymnase ordinaire, bleu, gris avec une petite teinte de vert, noirci et abîmé par le temps. Sur la photo, on distingue une autre porte, celle qui mène au vestiaire des filles.

Dans ce vestiaire, il y a peut-être des filles qui dansent sur les musiques du moment et ces danses sont peut-être accompagnées de chants. Ce vestiaire a toujours une odeur de déodorant, que ce soit avant ou après le sport, et les bruits résonnent dans la pièce, on entend les conversations de tout le monde et tous les potins du lycée circulent, on apprend les choses les plus importantes qui se sont passées en une semaine en l’espace d’un quart d’heure. Ce vestiaire respire la joie de vivre et des éclats de rire en sortent. Pour ce qui est du vestiaire des garçons, nous les filles, nous ne savons pas ce qui s’y passe.

J. V.

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D 6015 – Image manquante

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Sur l’image manquante, il y a une cabine, une barrière, la route. Sur la route, il y a des bandes blanches délimitant la voie à emprunter. De la cabine sort une épaisse fumée et une odeur de café. Il fait froid. Un gardien est à l’intérieur, sa tasse à la main. Il a une barbe de trois jours, des cernes aux yeux et les cheveux emmêlés, signes d’une nuit agitée. Il porte une épaisse veste. Il n’y a pas de chauffage. Tous les jours, des centaines de personnes passent devant lui. Un simple « bonjour », et la voiture est déjà repartie, aussi vite qu’elle est arrivée. Le soleil commence à se coucher. La route le reflète, tel un miroir. Les voitures se font rares. Une voiture noire se dirige vers la cabine. Une autre est garée sur le parking. Un lampadaire grésille. Il va s’allumer. Pendant ce temps, le gardien lit son journal et attend que son collègue vienne le remplacer.

J. B.

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J’ai fin.

Ma vue devient floue. L’air est humide, si humide que des perles de sueur dégoulinent lentement sur mon front. La chaleur est si intense qu’elle en est presque insupportable. Les minutes passent, la chaleur s’intensifie, je n’en peux plus. Je décide de mettre fin à ce calvaire, je baisse la température. J’éteins la plaque de cuisson puis verse l’eau dans l’évier. Les pâtes sont cuites.

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