Le temps et l’espace

L’espace et le temps

Du jour au lendemain il accomplit son œuvre. Le temps efface les moments, le temps passe simplement et ne prend guère soin de ce qu’il arrache après un temps. Il n’a pas de lois et a tous les droits, se permet l’irréversible et oublie les conséquences.

Le temps est un artiste, mais il ne crée pas d’œuvre, il détruit chaque petite parcelle de vie mais comme à chaque fois, la place est vide en un quart de tour et il en résulte un tas de poussière…

Le temps laisse tout de même un temps, une vie, un moment et ne prend pour cible que ce qui a déjà vécu un temps pour un temps.

Le triomphe eut son temps mais le temps passa et gouverna ce qui lui semblait trop peu juste à son goût et effaça la matière qui devint poussière.

Orange, couleur vive, noble et puissante, voilà sa vraie image, mais au fil du temps les couleurs deviennent fades. L’orange passa à un jaunâtre montrant que tout ce qui était beau, fort et puissant avait bel et bien une fin, même le temps était trop fort, Orange, lieu autrefois habité puis représenté tel une ruine qui autrefois avait son charme .

L’espace ne manquait pas, rêver d’un meilleur avenir pourquoi pas ? Mais le temps passe et ne le voit pas, il agit et trépasse, terrasse les obstacles.

Finalement tout ce qui avait un semblant de beauté, un jour de beau temps, telle une fleur montrant ses pétales aux rayons du soleil pour une première fois, comme le temps passe, à la manière d’un bâtiment, la fleur fana et les doux pétales qui l’ornaient tombèrent comme le temps à travers un sablier, le temps ne fit plus beau, il devint terne et inintéressant, la rose ne fut plus, le monument non plus. Tout ce qui avait servi autrefois fut effacé et on ne garda que les traces. Celles du temps qui passe…

Le temps fait tout sans l’espace, l’espace construit et invente, le temps détruit l’espace et l’espace détruit le temps…

Comme à la manière d’un peintre du nom de Hubert, maître qui excellait dans l’art de manipuler le temps et aimait voir sa trace imprégnée dans les décombres que le temps efface, qui passe, comme un certain pouvoir donné à un seul homme, privilégié de tous et aimé de tous, manipulateur auprès des innocents, comme une vie qui prit fin, il ne suffit pas d’avoir un pouvoir il faut savoir le maîtriser, le temps l’a rattrapé et a laissé son empreinte gravée dans les décombres d’une vie, d’un temps, celui qui passe…

Hubert Robert, l’arc de triomphe et le théâtre d’Orange, 1787 .

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