Black Cat

J’avais 8 ans, huit années de bonheur et de joies, qui prirent fin quand mes parents furent assassinés sous mes yeux.
L’homme qui avait répandu ces pétales de rose rouge sur le sol se tenait devant moi. Je le regardais droit dans les yeux, effrayée mais pourtant sûre de moi.
Il m’emmena avec lui. A cet instant, les quelques souvenirs heureux que j’avais vécus défilaient devant mes yeux.
Durant plusieurs mois, il m’apprit ce qu’il savait, il m’entraîna à me battre. Chaque jour, il me répétait ces quelques mots:
« Si tu veux un jour être en mesure de me tuer, tu devras suivre mon enseignement à la lettre. »
Je ne comprenais pas pourquoi il désirait tant que ce soit moi… Je ne voulais tuer personne. Mon cœur était rempli de haine, certes, mais je ne pouvais consciemment faire du mal aux autres, du moins, c’est ce que je pensais. Il m’apprit par la suite à ne plus me soucier de mes sentiments ; les autres personnes me devenaient indifférentes. Je n’entendais ni les pleurs des enfants, ni l’agonie des pauvres âmes priant chaque soir pour une vie meilleure. Je ne regardais plus que devant moi, mon passé oublié, fuyant les gens, à la recherche d’une vengeance certaine.

Un vendredi matin, comme à mon habitude, je descendis pour déjeuner. Je le trouvais assis sur son fauteuil, lisant le journal. Je le regardai avec mépris et m’assis à la table quand il me dit:

« Ce soir, quand sonneront les 12 coups de minuit, ta vengeance sera accomplie. »

Après avoir déjeuné, sans lui répondre, je montai me préparer. Vêtue d’un long manteau noir, je sortis et m’assis sur le toit, contemplant les cieux. A la fin de la journée, je le vis sortir, une arme à la main. Je ne me souviens plus de ce qui se passa par la suite, mais, lorsque je repris conscience, mes mains étaient recouvertes de sang. Mes vêtements et même mon visage en étaient aussi rougis. Je ne comprenais pas et regardais autour de moi à la recherche de réponses. C’est alors que j’aperçus son corps, étendu, gisant devant moi. Je repris mon calme et sans même me préoccuper de lui, je rentrais dans ce qui me semblait être ma maison.

Dans quelques heures, quelques minutes, la police serait là. Alors, je rassemblai les quelques affaires m’appartenant et les rangeai tranquillement dans ma valise. En une trentaine de minutes, tout fut près. J’avais entendu parler d’une organisation nommée Chronos. Je n’eus pas de mal à la trouver. Les quartiers mal famés sont bien connus des gens comme moi.
Je dus passer des tests et jurer fidélité. En aucun cas je n’avais le droit de parler de Chronos à une personne de l’extérieur. Ce jour-là, je suis devenue ce que l’on appelle « un tueur à gages ». Très vite, je gravis les échelons et arrivai au sommet. Je fis partie des meilleurs assassins, on me tatoua le chiffre XIII dans le cou et je fus surnommée « Black cat ». Tous les meurtres que je commettais s’effectuaient la nuit, on n’apercevait de moi qu’une vague silhouette, je murmurais à l’oreille de la victime avant sa mort : « Je suis venue t’apporter le malheur… » Je repartais ainsi, tel un chat noir se promenant dans les rues sous la pleine lune.

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