Le jardin d’Eden.

« Cher ami,
Je t’écris pour te dire que je vais bien, que j’ai survécu à cet accident et qu’après avoir vu et vécu l’enfer, je suis revenue d’entre les morts. Lorsque l’avion s’est écrasé, nous nous sommes vite rendu compte qu’il n’y avait pas beaucoup de survivants parmi nous, beaucoup de passagers avaient été noyés ou brûlés. Les cadavres jonchaient la plage où nous avons atterri et certains étaient totalement démembrés. Au final, nous ne sommes que dix survivants sur deux cents passagers. Je ne sais pas si tu te rends compte de l’horreur qu’ont été les premiers jours ici, je pense que personne ne peut comprendre, d’ailleurs. On ne se rend pas assez compte de l’importance de la vie, de la chance que l’on a, tu sais ? Enfin, je t’écris surtout pour te raconter quelque chose d’invraisemblable, de fou, qui nous est arrivé.
L’île est magnifique, vraiment, tout paraît merveilleux et enchanté ici et s’il ne nous était pas arrivé ce drame, ce serait réellement le coin rêvé pour des vacances. Mais quelque chose d’étrange se passe aussi, à l’instant où tu prononces une phrase – du domaine du réalisable, seulement – une étincelle se crée et d’un coup, tu as ce que tu désires, c’est d’ailleurs grâce à ça que tu lis cette lettre. Nous avons tout le confort nécessaire à notre survie. Il y a une population aussi, ici. Et le peuple parle sept langues différentes, ainsi que le français. C’est tout bonnement incroyable, non? Je me suis souvent demandé si ce n’était pas un mirage, comme un énorme oasis dans le désert, tu vois?
Personne ne gouverne ici, il n’y a pas de règles si ce n’est vivre et profiter de la vie. C’est comme si nous avions une deuxième chance, un nouveau départ. Akhar, l’ancêtre de l’île, nous a dit que nous étions dans le  » jardin d’Eden « . C’est un lieu magique, paraît-il. D’après lui, nous sommes ici pour transmettre un message au monde réel.
Alors, mon ami, je t’écris surtout pour te dire de ne jamais oublier que vivre est la plus belle chose qui soit donnée à l’humain, même si la vie n’est pas tendre tous les jours, même s’il y a des déceptions ; même si tu pleures, cries et souffres, n’oublie jamais quel cadeau est la vie. Profite, souris, ris, sois heureux le plus possible et ne te laisse jamais assaillir par le désarroi.

S’il te plait, ne m’oublie pas.  »

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