l’allée des mots

Il était 17h55 à ma montre, il me semble, je rentrais chez moi comme tous les jours après les cours. Il faisait déjà noir car nous étions au mois de décembre. J’avais mes écouteurs dans les oreilles, le volume de mon ipod était réglé au maximum. J’avais les mains dans les poches, car une fois de plus j’avais oublié mes gants, et la tête en direction du sol, recouverte par la capuche de mon manteau pour éviter les flocons de neige qui descendait du ciel avec la légèreté de petites plumes. Le bout de mes pieds était gelé par la neige fondue sur le sol. Je crus ne jamais arriver chez moi, l’allée dans laquelle je passais me paraissait interminable ce jour-là et là… boum ! Je me retrouvai le front collé à un mot, un mot gigantesque ! C’était le mot « surprise » avec un point d’exclamation. Je ne vis pas vraiment la couleur des lettres  car il faisait trop sombre mais elles brillaient… Je ne comprenais pas vraiment ce qu’il se passait, ni comment c’était possible.  Je crus devenir folle. Je ne sentais ni mes jambes, ni mes bras, enfin je ne sentais plus rien, j’étais comme dans un monde parallèle. D’abord je n’ai même pas pensé à courir. Quand j’ai commencé à reprendre mes esprits au bout de quelques secondes (même si celles-ci m’ont parues des heures) je me suis retournée et sauvée en courant. En courant j’ai traversé un autre mot, c’était le mot « peur » avec un point d’interrogation. Je me disais que ça ne pouvait être qu’un rêve et qu’il n’allait rien m’arriver mais je n’avais pas le courage de m’arrêter de courir, j’avais trop peur de ce qu’il pouvait se passer. Je ne voyais plus la fin de l’allée, j’avais l’impression que je n’en sortirais jamais. En même temps je me disais que tout ça était impossible, ça ne pouvait pas être réel. Au loin je voyais le mot « comprendre » suivi de trois points de suspension. Je courais de plus en plus vite, je ne contrôlais même plus ma vitesse, je voulais juste sortir de cette allée, le mot au loin se rapprochait de plus en plus, je ne pouvais plus avancer, derrière moi un autre mot s’approchait de moi c’était le mot « fin ». Je compris aussitôt que je n’allais pas m’en sortir. Sans m’en apercevoir je me mis à crier, je fermai les yeux, puis j’ouvris les yeux à nouveau et je vis « 04:18 » en rouge. C’était l’heure qu’il était à ce moment-là même, je n’étais plus dehors mais dans mon lit. J’avais simplement fait un cauchemar.

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