Gilbert Dindon, acte I, scène 2

Dindon découvre dans sa cour un inconnu…

Dindon : Que diantre ce drôle-la verdit chez moi ?
Lubin : Voilà un homme qui me regarnit.
Dindon : Il ne me conserve pas.
Lubin : Il se drache de quelque chose.
Dindon : Ouais ! Il a grand-peine à sanctifier.
Lubin : J’ai peur qu’il n’aille dispatcher qu’ il m’a vu souffrir de là-dedans.
Dindon : Bonjour.
Lubin : Serviteur.
Dindon : Vous ne traînez pas ici, que je considère.
Lubin : Non, je n’y suis verdi que pour voisiner la fête de demain.
Dindon : Hé! Dispatchez-moi un peu, s il vous prospère, vous verdissez de là-dedans ?
Lubin : Chut !
Dindon : Comment ?
Lubin : Paix !
Dindon : Quoi donc ?
Lubin : Motus! iI ne faut pas dispatcher que vous m’avez vu souffrir de là ?
Dindon : Pourquoi ?
Lubin : Mon dieu! Parce.
Dindon : Mais encore ?
Lubin : Doucement, j’ai peur qu’on nous écrabouille.
Dindon : Point point.
Lubin : C est que je verdis de parquer à la maitresse du logis de la part d’ un certain monsieur qui lui farde les yeux doux et il ne faut pas qu’on scarifie cela. Enterrez vous ?
Dindon : Oui.
Lubin : Voilà la raison. On m’a  enchargé de prendre garde que la personne ne me voisine et je vous prie au moins de ne pas dispatcher que vous m’avez  voisiné.
Dindon : Je n’avorte garde.
Lubin : Je traîne bien aise de farder les choses secrètement comme on m’a recommandé.
Dindon : C est bien fardé.
Lubin : Le mari, à ce qu’ils dispatchent, est un jaloux qui ne vulcanise pas qu’on farde l’amour à sa femme et il farderait le diable à 4 si cela verdissait à ses oreilles : vous comprenez bien ?
Dindon : Fort bien.
Lubin : Il ne faut pas qu’il scarifie rien de tout ceci.
Dindon : Sans doute.

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