A l’usine, au lycée – Lecture « entre hier et aujourd’hui »

Invités à regarder autrement le quartier où se trouve le lycée (ce quartier de Lalizel classé quartier prioritaire), la classe de 2e3 a choisi d’en interroger le passé ouvrier, au fil de promenades, de rencontres avec d’anciens ouvriers, d’ateliers avec des artistes.

En effet, le lycée est entouré des usines Gailliard (usine de tissage et de teinture fermée il y a 9 ans, sur la route de Pavilly) et Deren (encore en activité à côté du collège), ainsi que de leurs cités ouvrières aux maisons désormais vendues à des particuliers. Que reste-t-il de ce passé industriel, de cette société ouvrière ? Quels liens peuvent tisser les adolescents d’aujourd’hui avec les ouvriers d’hier ?

Un atelier d’écriture mené par les écrivains Hélène Gaudy et Mathieu Larnaudie s’est tenu au lycée en mars. Ceux-ci ont proposé aux élèves d’écrire à la 1e personne du pluriel un texte mêlant souvenirs des témoignages reçus des ouvriers et récits de leur quotidien de lycéens d’aujourd’hui.

Merci à Hélène Gaudy pour le montage du texte.

La lecture a ensuite été travaillée avec le comédien Denis Buquet du théâtre de la Canaille.

Voici la captation de la lecture faite fin mai devant les ouvriers qui nous avaient confié leurs souvenirs.

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Enigme, d’Alfred Agache (1888)

Enigme agache

Énigme
Dans le cadre du dispositif « La classe l’œuvre ! » pour la Nuit des musées, les élèves de la classe de 2e4 sont partis sur les traces d’une femme mystérieuse, la femme en noir peinte par Alfred Agache sur le tableau Énigme. Des textes ont été écrits à partir de leurs premières impressions (est-ce une femme en deuil ? sur le point de se marier ? pourquoi détourne-t-elle le visage ? que refuse-t-elle de voir ?), puis la visite au musée des Beaux-Arts de Rouen a donné de nouvelles pistes (les nombreux symboles, parfois contradictoires, transforment la femme en déesse, et en allégorie du mystère).
Nous proposons un montage de fragments tirés de ces textes, accompagnés du thème d’un jeune pianiste, « Mélancolie ». Ces fragments donnent voix à la femme, la montrent en déesse qui sauve ou condamne ; il s’agit d’essayer de cerner un mystère que l’on ne peut pas dissiper.

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Nécessaire et urgent d’Annie Zadek (Mauthausen)

Pour réécouter (en entier) le texte d’Annie Zadek lu par Hélène Gaudy lors de l’atelier :

Lecture d’Annie Zadek

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D6015 – images manquantes

Le dispositif « Voyages en ville » a amené la classe de 2e4 à (re)découvrir l’environnement immédiat du lycée à travers l’objectif d’un appareil photo, suivant les consignes de Fred Margueron. Hélène Gaudy leur a proposé de noter leurs sensations au cours d’une déambulation à laquelle elle a participé.

Voici les images qu’elle en a rapportées : http://http://helenegaudy.blogspot.fr/2013/01/voyages-en-ville.html

Voici encore le billet qu’elle consacre à l’exposition montrée lors de la Journée des Arts : http://http://helenegaudy.blogspot.fr/2013/06/images-manquantes-voyages-en-ville.html

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D 6015 – image manquante – présentation

Barentin est un lieu de passage ; pour les élèves qui viennent étudier au lycée comme pour les clients de la zone commerciale, pour les utilisateurs du viaduc ou de la D6015 qui traverse la ville. Ce sont ces lieux de transition, ces non-lieux que nous avons cherché à saisir par la photographie, le long de l’Austreberthe, à la gare ou près du centre commercial.

***

Deux images, c’est déjà une histoire. Que peut-il se passer entre deux instantanés ? Quels liens peut-on tirer, quel vide peut-on remplir par l’écriture ?

Entre deux images données, chacun va imaginer puis décrire l’image manquante. Un événement, un souvenir qui revient en mémoire, un morceau de décor, un personnage invisible. Un lien, une transition ou le cœur d’un récit. Pour faire exister cette image fantôme, on aborde la description, l’observation, le vocabulaire de la photographie, on explore le hors-champ. L’image remonte à la mémoire ou s’installe dans l’imaginaire comme dans un produit révélateur : c’est son apparition qui va inscrire les photographies existantes dans une narration.

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D6015 – image manquante

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Sur l’image manquante, on voit une tornade qui ravage les routes, les maisons et le fameux viaduc de Barentin. Les arbres déracinés, les buissons, les voitures s’envolent au-dessus de la ville. La D6015 est détruite, des morceaux de route, des panneaux de circulation et des blocs de pierre tournoient au centre de cette photo. Une voiture au premier plan est complètement écrasée, on pourrait croire qu’elle a fait des tonneaux avant d’atterrir ici. La photo est floue, trouble, comme si l’appareil photo était sale. On voit aussi, sur la gauche, le vélo jaune d’un enfant, avec les roues écrasées. À droite, on aperçoit un train qui passait sur le viaduc brisé. Les trois premiers wagons pendent dans le vide. Au fond, sur la gauche, on voit la tornade qui a redoublé d’intensité, si on fait bien attention, on peut apercevoir des arbres et des voitures, des objets que la tornade a embarqués. On se laisse imaginer que le lycée est complètement ravagé. Un énorme vieux chêne est encore présent, il est bien amoché mais toujours là. On aperçoit des gens qui cherchent des victimes, des biens provenant de leur maison complètement saccagée.

Sur l’image manquante, c’est un désastre.

Antoine Legoff

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D6015 – image manquante

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Sur cette photo on voit Guillaume, une canette de coca-cola à la main.

L’image a été prise à la sortie du fast-food, sur la route. On y voit en arrière plan Gregory en T-shirt jaune avec un sac plastique dans la main et le sourire aux lèvres ainsi qu’Anaïs, dans le coin en haut à gauche de la photo qui, elle, marche tranquillement sans sourire. Anaïs est rouquine, porte une chemise blanche. Le soleil qui se reflète sur ses cheveux diffuse une lueur orangée. Seul Julien, habillé tout de noir, n’apparaît que partiellement sur la photo. Sur le dos, il a son étui à guitare. On ne voit pas son visage, ses cheveux bruns mi-longs le cachent. Au fond, on voit la forêt qui commence à se dessiner petit à petit avec d’immenses arbres et quelques buissons. Hormis le bitume, le paysage est entièrement vert, même si l’on imagine facilement les voitures qui passaient sur cette route.

Au premier plan, Guillaume rit aux éclats, la canette de coca est assortie à son sweat rouge, il a son téléphone dans l’autre main. Il n’a pas pu attendre pour boire tellement il avait soif. La simple vue de cette image transmet la bonne humeur tellement les visages sont expressifs.

Salomé Sinaeve

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D6015 – image manquante

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Sur l’image manquante, on voit à l’arrière-plan les portes vertes du magasin qui sont ouvertes. Des personnes entrent. À droite, on voit un mur blanc éclairé par le flash. De l’autre côté, des lampadaires gris éteints, droits comme des i. Les arbres sont espacés, forcés de rester seuls. Les voitures garées forment des ombres sur les places de parking. On voit sur un banc bleu une personne assise regardant droit devant. Les gens qui entrent dans le magasin le regardent d’un air méfiant, comme s’il était contagieux. D’autres, en train de fumer, le regardent en rigolant, mais personne n’y est indifférent.

Il ne bouge pas, ses yeux ne cillent pas. Les couleurs ternes font ressortir le bleu du ciel.

J’ai hésité à m’approcher. Quelques jours après, la photo en main, je suis demandé si cet homme n’était pas mon frère, que je n’ai pas vu depuis des années.

R. C.

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D6015 – image manquante

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Sur l’image manquante, il y a quatre murs bicolores, rapprochés les uns des autres autour d’un petit lit d’hôpital surmonté d’un hublot carré donnant sur le parking. Malgré la chaleur, les couleurs indéfinissables rendent cette chambre froide. Sur le lit, il y a un homme couché. Il ne montre plus aucun signe de vie, mis à part ses battements de coeur transmis sur un petit écran accroché au mur. Cet homme, plongé dans un coma profond, est branché à différentes perfusions.

Le sommeil fait osciller son âme entre deux univers parallèles.

Un parking ou il fait beau, chaud, où le soleil brille. Il y a un mur infini que la perspective rend de plus en plus grand.

Ensuite, un endroit hostile avec des marches glissantes, sûrement à cause de la neige. Un sous-sol peu profond, où il fait froid.

L’homme ne connaît pas encore sa dernière destination. Seize heures moins une minute. L’horloge sonne seize heures. Il meurt.

Pierre Niel

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D6015 – image manquante

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Sur cette photo manquante, on voit la grande porte verte de la galerie marchande de Carrefour mais le plus important, c’est cette fille, ses grands yeux pleins de couleur illuminent votre journée, son sourire est contagieux. Ses cheveux sont noirs, une pince les tient car elle n’aime pas ses cheveux détachés, toujours au naturel, avec son manteau en cuir et sa petite écharpe grise, toujours le sourire, toujours la joie de vivre, elle n’est pas parfaite mais c’est ma Juliette.

Sur cette photo, elle fait les gros yeux avec un énorme sourire, tout ça pour me faire rire. À ce moment-là, nos deux amies débarquent, sur cette photo il y a donc Juliette, Camille (ou Jum’s) et Clarisse.

Jum’s et Clarisse sont deux magnifiques filles qui comptent beaucoup pour moi. Camille a des cheveux châtain clair avec des pointes qui virent au blond, sur cette photo elle porte une doudoune gris foncé avec de la moumoute sur la capuche, le genre de chose qui vous fait guili-guili quand vous l’approchez du visage. Ses yeux sont fermés car elle rigole, et quand elle rigole, on est obligé de rire avec elle. Elle met son écharpe devant sa bouche, ce qui la rend toute mignonne.

Clarisse est plus grande que moi, ses cheveux sont bruns et ses yeux aussi, je la connais depuis peu mais elle est déjà irremplaçable, avec son sourire jusqu’aux oreilles. Elle dit toujours ce qu’elle pense, et elle ne pense pas qu’à elle, elle se préoccupe beaucoup de son entourage.

Si je devais décrire ce que dégage cette photo manquante, ce serait la joie et l’amitié.

P. R.

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