Le soleil brille pour ses toiles

« La clé de mon travail, c’est la lumière. » L’artiste japonais Akira Inumaru déclare cela en nous montrant ses oeuvres. Nous avons eu l’occasion d’assister à son exposition, qui a eu lieu dans notre lycée, dans le cadre du  dispositif DRAC « IN SITU », dispositif qui consiste à accueillir les oeuvres d’un artiste, et de favoriser la rencontre avec les élèves d’un établissement scolaire.

Nous avons eu la chance de pouvoir admirer son travail et lui poser des questions sur ses différentes œuvres.

né en 1984. Il a fait une formation d’art pendant 4 ans au Japon puis s’est installé en France où il vit depuis 8 ans. il a fait une formation de 3 ans aux Beaux-Arts de Rouen. sa démarche artistique évolue entre figuration et abstraction et il avoue : « je suis très sensible aux matières papier,c’est un support qui m’intéresse beaucoup. » Il utilise beaucoup les crayons de couleur et parfois l’encre de Chine.

Voici l’une de ses œuvres les plus connues, « Kô-gô-seï ». A travers ce travail, Akira Inumaru rend hommage à Tohaku Hasegawa, un peintre japonais célèbre du XVIIéme siécle.

« Un tableau, c’est comme une fenêtre ouverte sur le monde, » nous déclare l’artiste lors de notre visite.

« Avez-vous remarqué qu’il y a toujours une partie brûlée ? » dit il.

Il dit lui même que « le trait » de son travail est la lumière du soleil.

A la fin de chacune de ses oeuvres, il brûle quelques endroits. Il a nommé cette technique la « distillation solaire ». Akira pense qu’il y a des « liens éphémères avec la fleur et le soleil qui la détruit » , d’où le terme de distillation solaire. Ces oeuvres renvoient à la spiritualité. C’est une technique qui demande du temps, elle consiste à faire une succession de couches de papier dont la dernière est colorée et brûlée par zones. celles-ci ne sont pas choisies au hasard, elles sont représentatives du point où se concentre toute l’énergie. Elles sont brûlées à l’aide d’une loupe et des rayons du soleil.

 En 2014, il réalise une série d’œuvres en hommage à Yves Klein, notamment connu pour ses monochromes bleus (couleur désormais référencée par l’appellation « International Klein Blue »). Mais c’est sur la carrière de judoka de l’artiste qu’Akira a décidé de réaliser ses œuvres où la partie qui est brûlée correspond au moment où les deux énergies se rencontrent

 

 

 

Ceci est une de ses oeuvres qu’il a faites en hommage à Yves Klein, elle se nomme Kata-bleu-klein. Elle mesure 492x600cm.

 

 

Yves Klein (1928 – 1962)
IKB 3, Monochrome bleu
1960

Pigment pur et résine synthétique sur toile marouflée sur bois

199 x 153 cm

Centre Pompidou, Paris

Mais Akira ne fait pas que peindre, il photographie, des fleurs qu’il brûle, pourquoi me direz-vous, car « même brulée, une fleur laisse une présence, celle-ci n’est plus matérielle mais odorante », cette explication ne manque pas d’originalité ! Brûler ses tableaux et ses fleurs a une signification, il « laisse apparaitre un autre monde irréel, imaginaire ».

Le peintre travaille en 3 étapes. Premièrement, il photographie et imprime.
Ensuite, il retravaille la photo afin de redonner une vie à la fleur.
Pour finir, il insère plusieurs couches de papier.
Dans l’œuvre observée, la dernière couche est colorée à l’aide de crayons de couleur, ce qui rappelle la lumière qui apparait.
Pour le reste, il utilise de l’encre de chine pour le contraste noir et blanc.
Un décalage est donc présent entre la partie noire et blanche et la partie colorée.

Il y a également dans cette exposition cette photo (ci dessous). Akira a souhaité s’essayer à la photographie et la couleur. Aidé de sa soeur pour tenir le crâne et les pétales de fleurs, il voulait dans cette photo donner une dimension symbolique à la mort en ajoutant des fleurs.

« La dame a la licorne » est une célèbre tapisserie composée de six parties où cinq des six parties représentent un sens.C’est l’oeuvre préférée d’Akira. Elle se trouve au musée cluny du moyen age, à paris.

Parfois, Akira fait des coopérations comme celle avec son ami musicien japonais avec lequel ils ont composés une musique et fait un tableau pour la famille qui les a nourris pendant un certain temps.

L’artiste déclare que « Le plus important dans l’art, ce sont les relations humaines » car il faut savoir vendre son tableau. A la question « est-il facile d’être un artiste ? » il nous répond « je me sens mieux en France car il y a beaucoup de lieux pour exposer, tandis qu’au Japon ils ont peur de clouer, d’abîmer les murs. » akira est rattaché à la galerie AREA. être artiste n’est pas un métier à revenus stables, ils dépendent de la vente de leurs tableaux, le seul métier à revenus stables qu’il ait pratiqué est d’être professeur de reliure aux Beaux-Arts de Rouen pendant 1 an.

Nous pouvons retrouver cet artiste, ses oeuvres et son actualité sur son site internet :

http://akirainumaru.com/home.php?page=accueil

nous remercions l’ARTISTE ET LUI SOUHAITONS LE PLUS GRAND SUCCès !

écrit par des élèves de la 2nde2