« MY UTERUS, MY OPINION: MAIS OÙ?

Dans le monde, la vie de nombreuses femmes dépend du droit à l’avortement. Beaucoup de pays ne leur laissent pas le choix mais jusqu’où cela peut-il aller ?

Avant de voir ces pays où les femmes n’ont pas la possibilité de choisir, il faut tout de même noter que plusieurs États autorisent l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) sans condition, où avec de petites conditions qui vont plutôt dans le sens de la vie du fœtus. En effet, par exemple dans les pays membres de l’Union Européenne, la majorité autorise l’IVG avec pour seule restriction un délai à ne pas dépasser lorsque le fœtus sera formé, celui-ci peut varier de 10 à 24 semaines bien que plus de la moitié l’ait fixé à 12. Par exemple, en Suède, la limite est de 18 semaines contre 22 à 24 semaines aux Pays Bas ou au Royaume-Uni.

Aujourd’hui, sur les 203 pays analysés par l’Organisation mondiale de la santé, seuls 55 autorisent l’IVG sans condition à remplir. Mais qui sont ces pays qui campent sur leur position, où les femmes risquent jusqu’à la peine de mort en cas d’avortement?

Nous vivons ainsi dans un monde où beaucoup de pays sont très restrictifs sur les limites de l’IVG allant parfois jusqu’à condamner les femmes pour cet acte et dans lequel encore 225 millions de femmes n’ont pas accès à des moyens de contraception.

Les restrictions varient selon les pays mais celles-ci restent plus ou moins semblables, du moins sur les mêmes bases : en cas de danger de vie pour la mère, en cas de viol ou d’inceste, d’une malformation du fœtus…

Si les femmes d’Europe et d’Amérique du Nord sont les plus libres du côté législatif, il reste néanmoins des pays dans ces continents qui restent très restrictifs. En Europe, les pays tels que Malte, Chypre, l’Italie, Andorre ou encore la Pologne possède encore une IVG très restreinte. Malgré le fait que l’avortement soit autorisé certains pays font tout pour continuer de l’empêcher comme en Italie, où, bien qu’il ait été autorisé en 1978, une faille juridique empêche que la loi puisse être pleinement utilisée. Beaucoup jouent même sur une clause de conscience qui autorise les médecins à ne pas pratiquer d’acte pouvant heurter leurs convictions éthiques, morales et/ou religieuses. 70% des médecins l’utilisent  dont plus de 93% dans le sud du pays. (10% dans toute l’Europe, cette clause est utilisée partout).

Si l’on élargit ces recherches dans le monde,  l’inde et la Zambie (Afrique) l’autorisent en cas de raisons économiques par exemple ou sanitaire. En Amérique Latine, seul Cuba (depuis 1965), la Guyane (depuis 2006) et l’Uruguay (depuis 2012), autorisent l’avortement sans conditions.

Si certains pays sont durs et stricts question avortement, d’autres le sont encore plus l’interdisant totalement, quelles que soient les raisons poussant les femmes à avorter. Malte fait partie de ces pays considérant cela comme un crime, les femmes encourent jusqu’à 3 ans de prison ainsi que les médecins ayant pratiqué l’avortement, de même pour le Salvador allant jusqu’à 30 ans de prison, comme ce fût le cas de Maria Figueroa ou encore Teodora Vasquez, 2 salvadoriennes condamnées à 30 ans de prison pour avoir avorté. Elles ont obtenu une libération après une quinzaine d’année. Le Salvador considère que les IVG sont des homicides, les femmes vont en prison même lors des fausses couches considérant que celles-ci en sont responsables et l’ont voulu. La liste de ces pays est longue, elle s’étend partout dans le monde : Honduras, Haïti ; en Asie les îles Palaos et les Philippines sont les derniers à totalement l’interdire, en Europe de même pour le Vatican…

Ces femmes qui n’ont pas le choix ont dû trouver des solutions pour échapper à ces peines qu’elles encourent comme la mort, la prison qui se pratiquent aussi dans les pays restrictifs… Pour cela, beaucoup pratiquent l’avortement clandestin possible dans des cliniques privées où les médecins font payer ces prestations hors de prix ou de façon illégale dans des conditions non sécurisées avec des personnes non qualifiées, un manque d’hygiène important, des grossesses trop avancées où les femmes sont obligées de risquer leur vie pour avorter en échappant aux représailles de leur gouvernement. D’autres peuvent pratiquer le tourisme abortif consistant à partir à l’étranger pour pouvoir accoucher.

Globalement il y a encore beaucoup de pays campant sur leurs positions notamment l’Argentine, qui a rejeté la légalisation de l’avortement (31 voix pour et 38 contre) le 9 août 2018 refusant donc la possibilité d’avorter avant la quatorzième semaine de grossesse. Comme presque 60% des femmes dans le monde les Argentines n’ont pas accès à ce droit. Certains pays  souhaitent aussi revenir sur la légalisation de l’IVG en tentant un retour en arrière comme en Pologne en 2016 où le gouvernement conservateur polonais a tenté de limiter encore plus le droit à l’avortement mais ce dernier à dû y renoncer à cause des menaces de manifestations. Heureusement, des pays progressent afin d’accorder aux femmes ce droit, comme en Irlande où ils ont légalisé l’avortement en 2018 après un référendum avec plus de 66% pour l’avortement.

Cet article nous permet donc de voir que le droit à l’avortement est encore un droit fragile, qui progresse, stagne ou recule selon les endroits du monde. Pour ce qui est donc de rattacher cela à la notion  de progrès, nous dirions que c’est un combat au quotidien pour les femmes mais que malgré ces reculs et ces pays qui ne changent pas d’avis il y a tout de même certains pays où la possibilité d’avorter s’avère moins compliqué qu’avant voir plus du tout. Nous pouvons espérer que ces avancées continueront et que d’autres pays prendront exemple.

 

Ophélie L. et Louison D.

 

 

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