MOYEN-ORIENT: L’EAU EST-ELLE UNE AUTRE SOURCE DE TENSION?

L’eau est devenue un enjeu géopolitique majeur. La guerre de l’eau fait rage dans le monde, notamment au Moyen-Orient, mais pas seulement. La frontière entre les États-Unis et le Mexique est un autre exemple concerné par ce type de conflit.

L’eau est une richesse inestimable. Sa gestion est vitale dans certaines zones où elle manque. Turquie, Irak, Israël, Palestine et Syrie sont 5 pays représentatifs du problème de la ressource en eau au Moyen-Orient. Ils doivent faire face à des besoins croissants alors même que la ressource y est très inégalement répartie, ce qui fait de cette région l’une des principales zones de conflit hydrique.

Les barrages en Turquie

Les deux fleuves sources de conflit dans cette région sont le Tigre et l’Euphrate: ces deux fleuves prennent leur source en Turquie. La Turquie est donc le premier pays potentiellement capable de construire des barrages sur ces fleuves. En Turquie, il y a 504  barrages, dont 302 sont considérés comme des « petits barrages » mais assez grands pour être considérés comme barrage par la commission internationale des grands barrages. Le plus grand barrage de Turquie est celui d’Atatürk sur l’Euphrate, il mesure presque 2 Km de long… Il se situe dans une région peuplée principalement par des Kurdes. Les Kurdes aimeraient une forme d’indépendance dans cette région et c’est notamment pour cette raison que la Turquie s’y refuse. Le principal problème de ce type de barrage est pour la Syrie et l’Irak. En effet, lorsqu’un barrage est construit en amont d’un fleuve, le débit de celui ci est forcément moins important en aval, avec le nombre de barrage présent en Turquie nous pouvons imaginer le débit d’eau que reçoit un pays comme l’Irak…

Les barrages en Irak

Les aménagements irakiens sont de très loin les plus anciens. Ils ont été créé dès 1927 tout au long du XXe siècle avec trois types d’ouvrages :

  • Des barrages de dérivation de crues en premier lieu entre les deux guerres.
  • À partir de 1950, des barrages luttant contre les inondations et orientant les eaux de crue vers des dépressions naturelles où elles sont stockées.
  • Plus récemment, ce sont de barrages de retenue sur les affluents du Tigre ou en Jéziré irakienne qui ont été créés.

Le partage des eaux

L’arrangement de 1987 pour le partage des eaux est consenti par la Turquie avec la Syrie. Un autre accord bilatéral syro-irakien d’avril 1990 prévoit ensuite une répartition proportionnelle des eaux de l’Euphrate entre les deux pays riverains arabes : 42 % des 500 m3/s revient à la Syrie (soit 6.6 km3) et 58 % à l’Irak (soit 9 km3).

Ce double protocole n’est pas un « vrai traité », mais il demeure la base de référence dans toutes les discussions. Il faut enfin remarquer qu’il est très incomplet puisque rien n’a été prévu pour la répartition des eaux du Tigre entre l’Irak et la Turquie.

Pour conclure, la création d’un traité permettrait un partage des eaux beaucoup plus équitable, et donc un progrès certain. Problème : cette région est constellée de conflits, comme par exemple, celui entre les populations musulmanes sunnites et chiites, les populations de langue kurde qui alimentent les guerres civiles en Irak et en Syrie. Cela ne favorise donc pas la création d’un traité commun.

Nous aurions également pu parler de cette question en l’illustrant avec l’exemple d’Israël. L’eau ne doit pas rester un problème, mais l’accès à l’eau doit au contraire être facteur de  progrès, une avancée dans ces différents conflits, puisque c’est un élément vital pour la vie de l’homme…

Soline L. et Pierre R.

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