Massoud, entre mythe et réalité.

CONTEXTE HISTORIQUE

Situation de l’Afghanistan :

XIXeme siècle : l’Afghanistan entre Russie et empire Britannique

-1838-1842 : Face à la menace expansionniste Russe sur les Indes britanniques, le Royaume-Uni déclenche la première « guerre afghane » contre la Russie. En 1842 l’armée britannique est décimée par une révolte populaire.

-1907 est une date fondamentale pour l’Afghanistan car c’est le traité anglo-russe qui donne l’autonomie à l’Afghanistan.

1926-1973 : Le royaume d’Afghanistan

-1926 :Le royaume est fondé par l’Emir Amanullah

-1929 :Amanullah abdique; des musulmans traditionalistes prennent le pouvoir. Situation anarchique et  Le Général Mohammed Nadir Shah devient roi.

1933 :Nadir Shah meurt. Muhammad Zaher Shah est proclamé roi de l’Afghanistan

-1939-1945 : L’Afghanistan a sa neutralité durant la seconde guerre mondiale

-1965 :Création du PDPA (Parti Démocratique du Peuple Afghan), pro-communiste et pro-soviétique

1973-1977 :La République d’Afghanistan

-1973 :Coup d’état de Daoud qui, avec l’appui militaire russe, renverse son cousin Zaher. Ce dernier abdique en août et s’installe en Italie

-1977 : Daoud est élu Président de la République

1978-1989: Le régime communiste

27/04/1978 : Coup d’État du PPDA, et assassinat de Daoud

Mai 1978 : Mise en place d’un programme de réformes d’inspiration « kemaliste »

-25/12/1979 :Entrée de troupes soviétiques en Afghanistan


MASSOUD :

Ahmed Chah Massoud aussi surnommé le Lion du Pandjchir est né le 2 septembre 1953 à Bazarak en afghanistan. Il a été commandant de l’alliance du Nord Afghane mais aussi chef de l’armée Islamique durant la résistance contre l’Union Soviétique puis pendant la guerre civil d’Afghanistan.

Le 9 septembre 2001, deux jours avant les attentats aux Etats-Unis, le commandant Massoud, le «Lion du Panshir», est tué par deux faux reporters envoyés par Al-Qaïda. L’homme incarnait la défense acharnée des habitants de cette vallée de l’Est afghan contre Soviétiques et talibans. En 2016, que retient-on de celui qui est parfois considéré comme le «Che Guevara afghan»?

Ce 9 septembre, Ahmad Chad Massoud, chef de L’Alliance du Nord, se trouve dans sa base de repli, dans la province de Takhard (nord-est de l’Afghanistan). Il reçoit un journaliste et un cameraman d’une chaîne prétendument appelée Arabic News International-TV. «Que ferez-vous d’Oussama Ben Laden lorsque vous aurez reconquis tout l’Afghanistan?», lui demande l’intervieweur. Rire du commandant. Soudain, une explosion le cloue au sol. Le visage criblé d’éclats, démembré, il mourra peu de temps après.

Fils d’un officier de l’armée afghane, Ahmad Chah Massoud est né en 1953 dans la vallée du Panshir (nord-est). D’origine tadjike (ethnie minoritaire), il a fréquenté le prestigieux lycée français de Kaboul avant de faire des études d’ingénieur. L’homme parle le français et sait lire l’anglais.

En décembre 1979, les Soviétiques envahissent son pays. Il organise alors la résistance dans sa région natale. Ses hommes repoussent plusieurs attaques de l’armée rouge. Après le retrait de l’URSS, Massoud va étendre son
contrôle sur Kaboul et le nord de l’Afghanistan. Mais les vainqueurs n’arrivent pas à s’entendre entre eux. En 1992, il devient ministre de la Défense dans un gouvernement islamique modéré présidé par Sibghatollah Mojaddedi. Il le reste jusqu’en 1996. Pendant cette période, il combat d’autres chefs de guerre, notamment le Pachtoune Gulbuddin Hekmatyar (qui appartient à l’ethnie majoritaire du pays). Apparemment, les deux hommes se sont connus quand ils étudiaient à Kaboul.

Le commandant Massoud reprend alors la lutte. Différentes factions se regroupent derrière lui, formant ainsi l’Alliance du Nord. Il se rend en Europe en avril 2001 et reçoit fréquemment dans son fief des visites de nombreux journalistes, médecins et humanitaires. En 1998, le Français Christophe de Ponfilly lui a ainsi consacré un documentaire de référence, «Massoud l’Afghan».

En avril 2001 le commandant Massoud vient en Europe et notamment à Paris pour demander de l’aide humanitaire, mais surtout politique face aux talibans. ( vidéo intéressante sur le lien suivant http://www.ina.fr/video/CAC01018440 )

 

 

En 2011, dix ans après sa mort, aucun hommage ne lui a été rendu dans les régions pachtounes (les zones de recrutement des talibans) ni parmi les populations chiites du centre, pour lesquelles Massoud n’a jamais eu beaucoup de considération. Un manque de réaction caractéristique de l’extrême division ethnique de l’Afghanistan.

Amaury N. et Hugo J.