Journée philo « RIRE »

Vendredi 8 avril 2019 de 9h à 17h dans l’ancienne bibliothèque

Ouverture de la journée avec les élèves de l’option danse

9h-9h30 : Présentation du thème de la journée

par Didier Guilliomet, professeur de philosophie au lycée François 1er

9h30-10h : Le mot d’esprit selon Freud

par Véronique Bellangé, psychanalyste

10h-11h : Chaplin ou l’unanimité du rire 

par Corinne Saunier, professeur de lettres et responsable du ciné-club du lycée François 1er

11h-12h : Le rire chez Aristophane (écoute en ligne)

par Denis Merle, professeur de lettres classiques en hypokhâgne au lycée Claude Monet

12h-13h : Représentations décalées de l’espace, des planètes et des extra-terrestres

par les élèves du club « Astro » encadrés par Tiphaine Barbay, professeur de mathématiques au lycée François 1er

14h-15h : La logique du comique : des blagues et des gags

par Willy Abecassis, professeur de philosophie au lycée Jean Prévost

15h-16h : Rire et carnaval

par Jean-Michel Hannequart, professeur d’allemand en CPGE au lycée François 1er

16h-17h : Discussion ponctuée de petites formes dansées « Peut-on rire de tout? »

animée par Marie-Charlotte Tessier et Didier Guilliomet, professeurs de philosophie, avec Fabien Duclos, ancien élève invité et fondateur de « Bolbec is hype ».

Pour les interventions artistiques qui ont rythmé la journée :

les élèves de la section danse encadrés par Corinne Delaire,

les élèves d’arts plastiques de J.-B. Lemarchand et leur chambre d’enregistrement des rires

Eric Levéel, poète-slameur

 

Un avant goût de l’aventure

Cette année pour la journée philo, il sera question d’aventure!

Que vous ayez travaillé ce thème pour le cours de français-philo en classes préparatoires scientifiques ou non, laissez-vous tenter par les divagations de l’esprit le vendredi 13 avril. De l’aventure viking au voyage intersidéral en passant par les errances des romantiques allemands, nous nous retrouverons à la croisée des chemins des arts plastiques, du cinéma, de la littérature, de la philosophie, de l’histoire, ou encore de la biologie.

En attendant le 13 avril,  voici un avant goût de l’aventure avec Camille Escamilla qui nous propose un intermède philosophique enregistré pour Radio Albatros. Professeur de philosophie retraitée, Camille Escamilla a enseigné au lycée François 1er. Elle anime actuellement une émission de philosophie sur Radio Albatros et donne des cours à l’université du Havre.

 

 

Journée philo « L’aventure »

Vendredi 13 avril 2018

9h-17h

Salle Jean-Paul Sartre (ancien CDI)

 

 

Pour cette 14ème journée philo, il sera question d’aventure! d’aventure?! est-ce bien sérieux? Certes, l’aventure rime avec nature, futur, rupture, ou encore « gros dur », mais elle se plaît aussi en compagnie de la culture, à en juger par le programme de la journée.

 

En attendant la journée du 13 avril, vous pouvez d’ores et déjà écouter l’intermède philosophique de Camille Escamilla ou découvrir dans le hall du lycée l’exposition consacrée aux explorateurs havrais (du 9 au 14 avril).

9h-10h : La vie est-elle une aventure?

par Marie-Charlotte Tessier, professeur de philosophie

10h-11h : L’aventure normande au moyen-âge

par Benoît Lisbonis, professeur d’histoire-géographie

11h-12h : Thelma et Louise de Ridley Scott : aventure et road movie

par Corinne Saunier, professeur de lettres et responsable du ciné-club du lycée

12h-13h : L’aventure de l’écriture théâtrale. Improvisation autour du thème de la journée. 

par les élèves du club de Théâtre d’improvisation encadrés par André Maget professeur de lettres

13h-14h : L’aventure scientifique : la biomécanique du corps

par Patrice Saulot, professeur de sciences de la vie et de la terre

L’aventure et le romantisme allemand

par Josiane Tollis, professeur d’allemand

14h-15h : L’aventure spatiale

par les élèves du club Astro encadrés par Tiphaine Barbay, professeur de mathématiques

15h-16h : Les explorateurs havrais : Baudin et Lesueur

par Nicolas Bansaye, responsable-médiation et Gabrielle Baglione, responsable de la collection Lesueur du muséum d’histoire naturelle du Havre

16h-17h : Table ronde « L’aventure et l’aventurier »

avec Armel Vrac, qui revient d’un long périple en Russie, Nicolas Bansaye, responsable-médiation et Gabrielle Baglione, responsable de la collection Lesueur du muséum d’histoire naturelle du Havre, Jacques Beurier, chirurgien orthopédique et traumatologue qui s’est rendu en Haïti après le tremblement de terre de 2010, Stéphane Guibert, professeur d’espagnol, Marie-Charlotte Tessier et Didier Guilliomet, professeurs de philosophie.

 

Remerciements à Eric Levéel (poète-slameur) et à la bibliothèque Armand Salacrou qui prête l’exposition sur les explorateurs havrais.

Pour rappel, l’inscription à l’une (ou plusieurs interventions) se fait pour une classe par le professeur en charge de la classe au moment de l’intervention.

 

En illustration, Leonardo Di Caprio interprétant Hugh Glass dans le film d’ Alejandro González Iñárritu, The Revenant (2015)

 

 

 

 

L’histoire est-elle une science? par Laurène Tabouillot (TL1)

L’Histoire est une discipline dite des Humanités qui étudie les évènements du passé de notre espèce et cherche à comprendre leurs impacts sur son présent. Cet attachement à la connaissance et au déchiffrement du passé est presque aussi ancien que les Hommes, puisque celui qu’on définit comme le premier historien est Hérodote, un grec du -Ve siècle qui a dépeint dans ses livres la guerre de son peuple contre ses voisins perses, avec une neutralité inédite. Il reconnaissait les mérites et les défauts de chacun, sans patriotisme aucun. Cette neutralité est ce qu’on pourrait attendre d’un Homme de sciences, mais ce n’est pas tout à fait synonyme d’objectivité, qui en est la véritable qualité première. En effet, on définit communément la science comme l’étude objective, c’est-à-dire conforme à son sujet et méthodique, des phénomènes qui régissent l’univers, par exemple à l’aide de protocoles expérimentaux. Peut-on procéder ainsi en Histoire et donc définir cette discipline comme une science ? Peut-on être objectif quand on étudie l’Histoire, ou le fait d’étudier le passé de sa propre espèce ou culture amène chaque historien à écrire sa version de l’Histoire ? Les commentateurs sarcastiques ont-ils raison de l’appeler la “science molle”, par opposition aux sciences dures comme la physique et la biologie ? L’enjeu de ce devoir sera de trouver une définition de l’Histoire.

L’Histoire étant racontée par ses acteurs, on ne peut guère espérer de leur part une totale objectivité.
En effet, aux premiers temps de l’Histoire écrite, c’étaient les acteurs eux-mêmes qui racontaient les événements auxquels ils avaient participé, comme Jules César dans La Guerre des Gaules. Bien entendu, les auteurs peuvent donc prendre la liberté de choisir quels évènements ils désirent faire connaître, leurs exploits par exemple, et ceux qu’ils préfèrent garder secrets, comme leurs défaites. On ne peut donc que prudemment se baser sur ces récits qui peuvent n’être qu’en partie vrais, ou tout du moins exclure certains pans de la vérité. C’est alors à l’historien de prendre du recul et de croiser les sources et les preuves pour éclairer au mieux les faits et les restituer fidèlement. On voit donc déjà que l’historien a au moins vocation à être objectif, c’est son but, son métier. Nous constatons que l’Histoire est à laisser aux historiens, qui seuls ont le désir d’être authentiques. A nous, ils laissent la mémoire du passé, qui est, par définition, individuelle et subjective. Pour autant, certaines personnes confondent leur statut de citoyen avec une mémoire et celui d’historien dont le métier est de connaître l’Histoire. Ainsi, les négationnistes et les révisionnistes remettent en cause le travail historique et élaborent des thèses qui le contredisent. Ils nient par exemple l’existence des chambres à gaz et des camps de la mort pendant la Seconde Guerre mondiale, ou avancent des théories complotistes sur les attentats du 11 septembre 2001… Cependant, ces attitudes de pensée sont intéressantes car le rapport de l’Homme à l’Histoire fait partie de l’étude historique. C’est l’étude des mémoires d’un événement, qui sont souvent symptomatiques d’une époque, qui apporte un éclairage dessus. Cet éclairage est cependant subjectif, puisqu’il dépend des mémoires particulières à dimension émotionnelle.
Une autre déviance du travail de l’historien est l’anachronisme et l’utilitarisme. Ainsi, Croce disait que “Toute Histoire est contemporaine”, pour évoquer le fait que l’Histoire a toujours une résonance dans le présent et peut y apporter du sens, et vice-versa. Cependant, il faut faire attention à ne pas transposer nos moeurs et notre manière de voir les choses à une époque radicalement différente. Ainsi, Hannah Arendt dénonce notre vision moderne de l’esclavage antique. Si les Anciens confiaient le travail aux esclaves, ce n’était pas dans le but de faire des économies avec une main d’oeuvre gratuite, mais bien parce que le travail était vu comme inhumain et les esclaves comme non-humains. De même, l’utilitarisme est le fait d’utiliser l’Histoire à des fins politiques, et donc de la détourner pour son propre bénéfice. Jean-Marie Le Pen a ainsi détourné la figure de Jeanne d’Arc pour servir de symbole au Front National.
L’Histoire fait aussi les frais d’interprétations, comme dans la théorie du matérialisme historique de Marx, dans laquelle ils soutient que l’Histoire est celle de la lutte des classes, de la lutte pour la possession des moyens de production, et que les motivations historiques ne sont jamais idéologiques, mais matérialistes et économiques, comme pour la Révolution française. Dans un tout autre registre, Adolf Hitler a quant à lui développé dans Mein Kampf la théorie de la lutte des races. Ces deux modèles ont entrepris d’agencer l’Histoire selon leurs théories personnelles, ce qui occasionne forcément de la subjectivité.
L’interprétation est également présente, mais nécessaire, pour déchiffrer les langues anciennes des livres sacrés comme le Coran, qui est intraduisible à la perfection, ou les hiéroglyphes égyptiens, qui laissent donc la part belle aux interrogations et aux diverses et parfois mal intentionnées théories, et où il est difficile d’établir des certitudes absolues.
Nous avons vu dans cette première partie que l’Histoire, si elle a vocation à être étudiée objectivement par les historiens, ils se doivent d’éviter plusieurs écueils. De même, lorsque d’autres personnes interviennent dans l’étude de l’Histoire, c’est rarement pour être objectif. Si elle n’est pas encore une science, nous avons d’ores et déjà établi qu’il s’agit d’un véritable métier.

Ce métier, comme tous les autres, a des outils, des méthodes. Celles-ci ont été définies au XIXe siècle, notamment par Ranke, qui voulait élever sa discipline au rang de science. Il a donc élaboré des méthodes de recherche, de rédaction, d’éthique, préconisé des sources… Mais plus récemment, avec les progrès techniques et technologiques, l’Histoire a vu se mettre à son service de nouveaux outils. Ces outils sont de nature scientifique, comme la datation au carbone 14 ou l’ADN qui a permis par exemple de remettre en cause l’identification de certaines momies égyptiennes ou l’emplacement du tombeau de Jésus. L’utilisation de la science dans l’Histoire donne une légitimité à l’objectivité de la discipline. Si l’Histoire n’est pas une science, au moins la science se met à son service. Ces outils scientifiques a priori indiscutables ne sont pas les seules sources de confiance de l’historien. Il utilise aussi les archives administratives, qui par les données qu’elles recensent apportent des renseignements précieux. Cependant, il faut parfois attendre des décennies pour que la totalité des archives soit rendue publique, généralement jusqu’à la mort de toutes les personnes citées dedans, ce qui retarde considérablement la recherche historiques. Pour cette raison, Robert Aron a écrit un livre sur le régime de Vichy au lendemain de la guerre comportant de nombreuses erreurs, dues à des archives incomplètes et très certainement aussi à un manque de recul par rapport aux évènements. L’américain Robert Paxton a lui eu accès à l’entièreté des archives allemandes, dont l’ouverture complète a été demandée très tôt dans un souci de transparence et d’expiation pour que le travail historique soit effectué et que le pays puisse se reconstruire. Son livre La France de Vichy a été un bouleversement, car il montre une vérité objective à laquelle les Français n’étaient pas préparés. L’Histoire a ainsi une fonction révélatrice et rédemptrice que les sciences n’ont pas, car elles se contentent d’expliquer quand l’Histoire veut comprendre. Comprendre n’est ni excuser ni justifier, comme le voulait Ranke lorsqu’il préconisait de “ne dire les choses que comme elles se sont passées”. Il avait peut-être tort de vouloir à tout prix calquer l’Histoire sur le modèle de la physique ou des autres sciences naturelles.
Si on se donne la peine de créer des outils fiables pour le travail de l’historien, c’est déjà parce qu’il est utile, même si ce n’est pas notre sujet, mais aussi parce qu’on lui reconnaît son besoin d’objectivité et qu’on admet que ses résultats ont valeur de preuve, comme en sciences. Quand on demande aux historiens d’expliquer des phénomènes de société actuels, c’est parce qu’on estime leur travail et qu’on le trouve objectif et apte à nous éclairer.
Ainsi, on accorde à l’Histoire une valeur supérieure à un récit littéraire ou à un discours politique, car on lui accorde une légitimité à expliquer le passé et le présent, à le comprendre. On admet aussi l’effort d’objectivité des historiens, qui vont même jusqu’à refuser le devoir de mémoire pour rester libres de faire leur travail.
Cependant, les archives, les témoignages, les photographies, les films, les fossiles, les vestiges, les peintures rupestres… ce sont tous des sources des historiens, mais qui ne signifient pas grand chose sans interprétation, si on se contente d’énoncer des faits à leur propos sans les relier à un contexte, à des enjeux, des causes, des conséquences, on n’en saisit pas toute l’importance et ce n’est plus de l’Histoire.

Il faut accepter que l’Histoire ne sera jamais une science exacte figée dans le marbre et fermée à la subjectivité.
En effet, elle étudie les Hommes, leurs histoires, leur passé, leur présent. Selon le sociologue Dilthey, la subjectivité inhérente à l’identification émotionnelle aux Hommes de l’Histoire est inévitable. Étant donné qu’elle étudie ce qu’il y a de plus instable au monde, les Hommes, l’Histoire se doit de s’adapter à eux, et les historiens doivent adopter leur subjectivité pour les comprendre, eux et leurs actions. De plus, l’Histoire est vécue au quotidien, on a parfois l’impression de vivre des moments historiques, que le présent est déjà l’Histoire, comme avec la chute du Mur de Berlin, la libération de Mandela, la légalisation du mariage pour tous, ou plus tragiquement, les attentats de Charlie Hebdo et de Paris, qui ont tristement marqué les mémoires. Car justement, dans ces cas-là, Histoire et mémoire sont intrinsèquement liés, tant la charge émotionnelle est forte, et qu’elle ruine l’objectivité historique, bien que l’événement soit en effet historique. Mais l’Histoire est aussi faite de ces sentiments, des joies, des tristesses, des peurs, de l’admiration, de la haine… Il est impensable de dissocier l’Humanité et ses sentiments de l’Histoire, car elle est précisément celle des Hommes, et donc à leur image.
Si certains historiens tiennent à l’objectivité pure et dure dans le traitement historique, jusqu’à refuser de se plier aux lois mémorielles, ce qui est moralement ambigu, mais déontologiquement compréhensible, d’autres acceptent de lier subjectivité émotionnelle, interprétation, et rigueur historique, pour obtenir ce mélange caractéristique de l’Histoire des Hommes. C’est le cas du philosophe Paul Ricoeur, qui défend cette idée selon laquelle l’interprétation, bien que subjective, reste tout à fait raisonnable du moment qu’elle peut être admise par un certain nombre d’esprits la considérant comme objective et cohérente. L’Histoire ne peut et ne doit pas chercher à rejoindre le cercle des sciences, qui est trop étroit et réducteur pour elle. A cheval entre la sociologie, la science des comportements humains, et les sciences physiques et biologiques pour les méthodes et les outils, elle est un mélange parfaitement singulier, dont elle doit accepter l’unicité et surtout le caractère indispensable du jonglage incessant entre subjectivité et objectivité.

Nous avons tenté tout au long de ce devoir de trouver une définition satisfaisante de l’Histoire. Celle-ci serait donc une discipline au croisement de beaucoup d’autres, la littérature pour la construction du récit, la sociologie pour la compréhension des agissements humains, et la biologie pour les dernières méthodes. Nous voyons donc que l’Histoire est difficilement classable dans une catégorie définie, mais qu’elle emprunte des caractéristiques à de nombreux domaines. Pour répondre à la question d’épistémologie qui a été la base de notre réflexion – L’Histoire est-elle une science ? -, je répondrais que non, elle est beaucoup plus que cela.

13 ème journée philo « La peur »

Vendredi 31 mars 2017

9h-10h : La peur : instrument ou repoussoir?

par Didier Guilliomet, professeur de philosophie

 

10h-11h : La peur chez Stefan Zweig

par Josiane Tollis, professeur d’allemand

 

11h-11h30 : De la claustrophobie au vertige : peur et spatialité

par Loïc Geffrotin, professeur de philosophie

 

11h30-12h : Peur et astronomie

par les élèves du club astro encadrés par Tiphaine Barbay, professeur de mathématiques

 

12h-13h : La peur de l’improvisation?

par les élèves du club de théâtre d’improvisation encadrés par André Maget, professeur de lettres

 

14h-15h : Peur et mélancolie à l’époque élisabéthaine

par Emma Bartel, étudiante en master d’anglais à la Sorbonne ParisIV, ancienne élève du lycée

 

15h10-15h40 : Propositions chorégraphiques sur le thème de la peur

par les élèves de la section Danse sous la direction de Corinne Delaire

 

15h40-16h : Les peurs infantiles dans la poésie anglo-saxonne

Textes lus par les élèves de Barbara Cooper, professeur d’anglais

 

16h-17h : Peur et héroïsme dans Les sept samouraïs d’Akira Kurosawa

par Corinne Saunier, professeur de lettres