Archive pour la catégorie 'Carnets de route'

Juil 05 2012

Umiujaq, Avril 2012

Lundi 9 avril

Le jour du départ est enfin arrivé. Dylan est le premier, comme d’habitude lorsque c’est important. Sylvie T arrive par le premier RER et nous passons l’enregistrement des bagages, sans problème : tout le monde a pris soin de peser sa valise ; les bottes et les sacs de couchage pèsent lourds.

Le vol sera un peu en retard mais sans histoire, la journée est longue, le vol aura duré plus de 7H, et il y a un décalage horaire de 6H. Partis à 11H de Paris, nous sortons de l’aéroport de Montréal à 13H !!

Passage de la douane sérieux, on nous questionne sur notre présence au Québec, sur le contenu de notre bagage.

Direction le Crown Plazza, hôtel situé à 5 min de l’aéroport. Nous repartons demain à 6H du matin pour Umiujaq.

MARDI 10 avril

Nous partons avec un petit avion de 40 places d’Air Inuit. Il s’agit d’un avion qui desserre plusieurs villes du Nunavik, Kuujjuarapik est le premier arrêt, et la première communauté Inuit. L’avion ensuite ira jusqu’à Salluit.

Nous devons descendre de l’avion et attendre 20 min. Premier contact avec le grand Nord. On voit enfin la neige, et il fait froid.

Il y a beaucoup de vent. Tellement que l’avion a failli ne pas pouvoir atterrir à Umiujaq. Dans l’avion se trouve des profs de la communauté d’Ivuijivik, qui rentrent de vacances.

Nous sommes attendus à l’aéroport d’Umiujaq, les inuit sont des gens très réservés, mais leur joie de retrouver les élèves est visible.

Voici ce jour raconté par Pauline et Fanny

Lors de notre arrivée le mardi, les Inuit nous attendaient à l’aéroport les bras grands ouverts. Nos familles nous attendaient dans leurs maisons pour nous faire manger et nous installer. Pour certains, la communication avec les familles sera difficile puisque les parents de nos correspondants parlent anglais ou seulement l’inuktitut.

Sandra, nous a ensuite fait une visite complète et détaillée du village. Le maire a prononcé un discours vraiment très émouvant, il avait l’air heureux de nous accueillir. Il nous l’a d’ailleurs exprimé clairement : « je vous accueillerai comme des princes et des princesses ». Quel discours !

Nous avons du temps libre pour aller regarder les deux seuls magasins dans le village. Nous trouvons les prix très élevés mais c’est sans doute à cause de l’avion qui les emmène. Pour la soirée, les Inuit ont voulu bien faire et nous ont préparé des lasagnes avec de la salade. Le repas s’est passé dans le gymnase avec toutes les familles de nos correspondants. Les Inuit nous ont appris que dans leur village ils ont un couvre-feu : à 23h, tous les Inuit de moins de 18 ans doivent rentrer chez eux. On a pu assister à une démonstration de jeux inuit et nous avons pu nous y initier. Les Inuit sont vraiment souples puisqu’avec leur pied ils peuvent toucher un petit sac de billes suspendu (à 1m85) à une corde. C’était vraiment impressionnant !!

Et la semaine à Umiujaq racontée par Emilie et Adèle

MERCREDI 11 Avril 2012

Ce matin nous sommes allés à l’école à 8h50. Nous avons tout d’abord assisté à des cours d’inuktitut, avec Winnie, une enseignante de l’école. Ce n’est vraiment pas évident de comprendre cette langue. Pendant ce cours nous avons aussi fabriqué un inukshuk, c’est un empilement de pierres, semblable au cairn, il a plusieurs fonctions, retrouver son chemin entre autre. Après ce cours nous nous sommes réunis afin de faire des cours de maths et de français. Le midi, nous avons mangé chez nos familles… Certains élèves ont eu la chance de goûter du phoque cru. L’après-midi nous sommes sortis du village pour aller écouter des légendes inuit dans une tente. En attendant le conteur, nous avons fait des glissades nous avons bien ri c’était génial. Le paysage était vraiment magnifique. Après nos glissades nous avons pu poser quelques questions au conteur venu nous rencontrer. Il nous a expliqué que les Inuit s’adaptaient à leur nouveau mode de vies, le fait d’avoir maintenant des magasins leur permettait d’éviter les famines. Le changement climatique modifie les ressources en matière de chasse et de pêche, il y a des espèces différentes, donc leur ressource alimentaire s’est aussi modifiée. En rentrant, nous sommes allés à l’école fabriquer des gants, que l’on appelle kamiks.

Les garçons ont été fabriqués un Uluk, c’est le couteau traditionnel des femmes. C’est Lucassie qui assure le cours en Inuktitut, traduit par Billie et Abélie.

Le soir nous avons mangé en famille et sommes ensuite allés à la messe à 19h. Après la messe, vers 20h30, il y avait une soirée au kallik appelée « talent show ». Nous avons tous participé. Après cette soirée, nos correspondants nous ont emmenés patiner à l’Aréna, c’est la patinoire.

 

JEUDI 12 avril

Hier soir les professeurs nous avaient dit de bien nous couvrir car nous aurions une surprise. En arrivant à l’école nous avons appris que nous partions faire du skidoo sur la banquise. Nous étions tous très heureux. Nous avons découvert des paysages vraiment merveilleux et avons même aperçu cinq phoques au loin, sur la glace. L’après-midi nous avons d’abord aidé des petits à créer des bandes dessinées. C’était super, nous les avons fait répéter pour améliorer leur prononciation. Ensuite nous avons assisté à un cours sur le langage des signes. Celui qui nous apprenait nous a expliqué qu’il n’y avait que 8 sourds dans tout le Nunavik et que son but était d’essayer de faciliter la vie de ces personnes. Ensuite, nous avons fini nos gants et les garçons sont allés faire du hockey. Le soir nous avons regardé un match de hockey dans lequel certains français ont joué puis, nous nous sommes tous retrouvés au kallik.

VENDREDI 13 avril

Ce matin à l’école, nous nous sommes séparés en deux groupes. Nous avons tout d’abord préparé de la banik, une spécialité inuk que l’on pourrait comparer au pain en France mais en plus gras car frit (c’était excellent!) avec Clara et Yva. Puis nous avons fabriqué, avec Darlène, des colliers avec des pierres que les gens du village avaient ramassées. Ces pierres sont polies pendant plusieurs semaines.

L’après-midi, nous sommes allés à la station météo qui se trouve dans l’aéroport. L’homme qui y travaille nous a expliqué en quoi consiste son métier et nous avons réalisé une expérience afin de déterminer la hauteur des nuages. Nous avons lâché un ballon et mesuré le temps qu’il met pour atteindre le nuage. Il utilise actuellement un instrument qui ressemble à un sextant, c’est une alidade. Il faut viser les nuages et obtient sur une échelle graduée l’angle avec l’horizon donc leur hauteur.

Cet inuit nous a parlé du réchauffement climatique. Selon lui la température a augmenté de 1°C par palier de 5 ans depuis 10 ans. Il fait office aussi de contrôleur aérien.

Nous sommes ensuite rentrés à pied. Le paysage était désert et sans relief ce qui laisse plus facilement passer le vent mais malgré le froid, c’était magnifique. Et nous nous sommes rendus à l’école où tous les élèves s’étaient réunis pour faire des jeux inuit. Nous étions ainsi un ou deux dans chaque équipe et le plus dur a été de communiquer et de comprendre les règles du jeu mais tous s’est finalement bien passé et nous avons bien rigolé !

Le soir était organisé une soirée dansante au gymnase. Nous nous sommes énormément amusés et avons dansé jusque tard dans la soirée.

SAMEDI 14 avril

Aujourd’hui, nous nous levons plus tôt que d’ordinaire car nous partons tous avec les familles pêcher. Pour cela, nous avons fait environ 2 heures de trajet tirés par des skidoo dans des petits traîneaux. Beaucoup se sont endormis bercés par les cahots mais les autres ont pu admirer le paysage qui était tout simplement magnifique. Il y avait des nombreuses collines qui cachent à chaque fois d’immenses lacs gelés. Nous n’avons malheureusement pas aperçu d’animaux. En arrivant, nous sommes allés chercher du bois afin de faire du feu.

Nous avons ensuite pu faire chauffer nos repas et nous avons mangé et bu du thé autour du feu. C’était un moment très convivial !

Après cela, nous sommes allés pêcher et pour cela les hommes ont fait des trous dans la banquise grâce à une machine. Un concours a également été organisé : il y avait plusieurs gagnants possibles : le premier qui pêchait un poisson, celui qui pêcherait le plus gros poisson et celui qui pêcherait le plus petit gagnerait 100 dollars à dépenser dans le village. De quoi motiver les apprentis pêcheurs non ?

Certains garçons ont pu aller chasser et les autres, s’ils le désiraient, pouvaient faire un tour de skidoo. Nous avons également prélevé de l’eau de ce lac grâce à une bouteille afin de la faire analyser pour mesurer la pollution de l’eau.

Nous sommes donc rentrés au village très fatigués mais nous nous sommes tout de même rejoints au kalik pour bien finir la journée.

DIMANCHE 15 avril

Aujourd’hui, nous nous sommes réveillés à l’heure que l’on voulait car il n’y avait pas d’activités prévues à part un pique-nique à la plage (ou plutôt sur la banquise).

A 12h30, nous nous sommes réunis avec les familles et avons dégusté un très bon repas. Nous avions le choix entre hot-dog fait maison ou côtes de porc accompagnées de divers légumes. En dessert, nous avons même eu le droit de nous faire griller des chamalows ; c’était super. Malheureusement, la météo n’était pas avec nous car il faisait très froid et il y avait beaucoup de vent. (-22°C)

Après ce repas, la plupart sont allés se mettre au chaud avec leurs correspondants mais quelques chanceux sont allés faire du ski-doo.

Vers 17H, les Français se sont réunis avec leurs professeurs à l’école afin de faire un point sur cette merveilleuse semaine passée au bout du monde puis nous sommes allés manger (il faut savoir que les Inuit mangent vers 18H30, c’est à dire très tôt).

Après cela, certains Français sont retournés à la messe car il y en avait eu une le mercredi et une le dimanche mais en fin de soirée, tout le monde s’est retrouvé chez Bobby, un Inuk, afin de profiter au maximum de cette dernière soirée qui ne s’est pas terminée très tôt.

LUNDI 16 avril

Et oui, c’est déjà la dernière journée mais il n’était pas question de s’apitoyer sur son sort car ce matin, de nombreuses activités étaient prévues à l’école.

En arrivant, nous avons eu quelques cadeaux tels qu’un T-shirt, un CD de photos… ce qui nous a fait très plaisir puis, nous sommes allés finir les colliers que l’on avait commencés le vendredi.

Nous avons ensuite eu du temps libre dans le village afin de nous acheter nos derniers souvenirs puis nous sommes retournés à l’école car Gilbert, un sculpteur inuk du village nous attendait pour nous présenter ses œuvres. Celles-ci étaient splendides et la plupart des Français en ont acheté.

Après manger, le bus est venu nous chercher devant nos maisons afin de nous emmener à l’aéroport.

A 3h30 environ, une fois nos bagages enregistrés, est arrivée l’heure du départ. Les Inuit comme les Français ont énormément pleuré mais tous se sont fait la promesse qu’ils se reverraient.C’est sur ces au revoir chargés d’émotion que s’est terminée cette semaine inoubliable à Umiujaq…

DU MARDI 17 avril au Jeudi 19 avril, Séjour à Montréal

Nous avons donné une interview à la journaliste de Télérama qui nous avait accompagnés et sommes ensuite allés faire un peu de shopping. Nous sommes partis ensuite voir une exposition sur les 11 nations autochtones du Québec, une galerie d’art inuit conseillée par Thibault et ensuite nous sommes allés visiter le musée Pointe-à-Calliere relatant la fondation de Montréal.

Le lendemain, visite du Biodôme, de l’université Mac Gill, et du musée Mac Cord qui présentait une exposition d’art moderne Inuit, de la collection Esther et Samuel Sarick, une des collections les plus complètes du monde d’art inuit, plus de 175 œuvres de 75 artistes.Et pour finir avant de reprendre l’avion, un dernier saut à la Biosphère, un lieu unique et spectaculaire, situé en plein cœur du Parc Jean-Drapeau à Montréal.

 

 

 

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Mai 09 2011

Thomas Jouanneau

Carte situant la base Dumont d’Urville et le Dôme C en Terre Adélie

 

 

 

 

 

 

Thomas Jouanneau est un photographe qui vit en Normandie.

Ses photographies portent généralement sur deux thèmes : les grands espaces naturels et la vie de la société française. De 1999 à 2001, il a été membre de l’agence Sygma. Dans cette agence, il a couvert l’actualité nationale et internationale.

En 2002, il a décidé de devenir indépendant. A sa création, il a rejoint la maison de photographes Signatures.

Entre 1999 et 2004, il a mené un travail important sur la police et la délinquance ; ce qui a fait objet à de nombreuses publications dans les magazines.

De 2000 à 2006, il commence à s’intéresser aux Terres Australes et Antarctique Française.

En 2008, il publie Portraits polaires-Antarctique, sur la route du Concordia.

Depuis 2009, il mène un travail documentaire intitulé Le village, chronique de la vie ordinaire (et extraordinaire) d’un bourg en Normandie. Emilie B, 4éme3

 

Thomas Jouanneau est venu, le vendredi 18 février, nous raconter son expédition

« Sur la route de Concordia ». Il nous a fait partager son expérience de la photographie en milieu extrême.

Voici quelques extraits des échanges entre les élèves de quatrième et T.Jouanneau.

Compte rendu de Timothée Picquet.

 

Emilie B

1 – Avez vous hésité avant de partir ?

Non, je n’ai pas hésité avant de partir car je me suis battu pour y aller.

 

 

Lucas B

2 – Comment fait-on pour faire des photos a -70°C ?

Je n’ai pas fait pas de photos a -70°C car je suis allé en Antarctique au printemps.

Il fait au minimum -30°C, alors. Le problème est que l’appareil se décharge plus rapidement lorsque la température est négative.

 

3 – Est-ce que vous vous êtes bien intégré à l’équipe scientifique ?

Oui, je me suis bien intégré, j’ai trouvé les gens très sympathiques.

Il règne une bonne ambiance.

 

4 – Est-ce que vous aimez ce type d’opération extrême ?

Oui, j’ai bien aimé.

 

5 – Quel type de désert préférez-vous, chaud ou froid ?

Je préfère le désert froid au désert chaud.

 

Fanny

6 – Comment s’est passé la navigation à bord du bateau l’Astrolabe ?

Lorsque nous sommes arrivés dans la glace avec l’astrolabe nous avons été coincés.

 

Adèle

7 – Avez-vous atteint vos objectifs en partant au pôle Sud ?

Je suis parti avec l’objectif de faire un reportage sur les scientifiques, les techniciens, les logisticiens qui ont choisi cet ailleurs qu’est l’Antarctique.

Je raconte la vie quotidienne dans ces bases, la cohabitation avec les manchots empereurs, et la splendeur de ce grand désert blanc.

 

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