Mai 29 2010

Autour du nucléaire

Publié par



La catastrophe au Japon

 

Le séisme qui a touché le Japon était de magnitude 9. Le séisme s’est déclaré le vendredi 11 mars à 14h 46. L’épicentre se situe à 130 km à l’est de Sendai, ville située à environ 300 km au nord-est de Tokyo.

Un Tsunami ayant été déclenché par le séisme a atteint une dizaines de mètres de hauteur. Le Tsunami ayant tout dévasté sur son passage a fait plus de 10 000 morts.

La perte des systèmes de refroidissement des réacteurs no1 et 2 des 6 réacteurs à eau bouillante de la centrale nucléaire de Fukushima, les plus anciens, situés dans la centrale numéro un de Fukushima a été constatée. Ces réacteurs ont été mis en état d’alerte nucléaire. Un taux de radioactivité 1 000 fois supérieur à la normale a été détecté dans la salle de contrôle de la centrale de Fukushima. Le gouverneur de la préfecture de Fukushima a décidé l’évacuation de six mille personnes, d’abord dans un rayon de 3 km autour de la centrale, puis étendu à 20 km en raison d’un possible lâcher de vapeur radioactive pour diminuer la pression dans l’enceinte de la centrale. Une importante explosion s’est ensuite produite, entraînant l’effondrement du bâtiment entourant le réacteur numéro 1

Gauthier Lefebvre, 5ème4


Autour du nucléaire

En 2009, nous avons regardé des extraits du « Scandale de la France contaminée » qui était passé dans l’émission Pièces à Conviction sur France 2. Suite à ce reportage qui nous avait beaucoup choqué, nous avons travaillé avec l’ACRO (association pour le contrôle radioactif dans l’ouest).

Nous sommes allés à la plage du Puys à Dieppe pour effectuer des prélèvements de patelles, de sable, d’algues et d’eau de mer. Nous avons appris que les patelles et les algues filtraient la radioactivité. Nous ne nous doutions pas de cela. C’est très intéressant.

Nous sommes rentrés au collège et nous avons pu poser nos questions à Ms Yves Blondel et Antoine Bernollin, qui nous ont expliqué que l’ACRO est un laboratoire de mesures radioactives indépendant, qui a vu le jour à la suite du scandale de Tchernobyl. Le laboratoire fonctionne grâce à des subventions de la région, des physiciens nucléaires salariés et des bénévoles.

Le 2 juin, nous sommes allés dans leur laboratoire à Hérouville Saint-Clair et nous avons analysé la radioactivité qui se trouvait dans nos prélèvements et dans ceux que Me Nicoul, notre professeur de SVT, avait effectués dans l’eau de la Scie, la rivière de notre village. Nous nous sommes séparés en trois ateliers :

Atelier de Mylène :

Mylène, une des physiciennes, nous a montré comment fonctionnait le compteur Geiger : on place une roche naturellement radioactive derrière le compteur et il affiche un nombre en dessous de 90, c’est la radioactivité naturelle. Ensuite elle nous a expliqué comment fonctionnait le spectromètre : pour chaque élément radioactif détecté une pointe apparaît. Plus il y a de la radioactivité, plus la pointe s’agrandit. On clique ensuite dessus et on obtient un chiffre qui nous renvoie à la nature de cet élément. Nous avons fait une petite expérience : Mylène a posé un réveil avec des graduations phosphorescentes _un réveil Bayard_ et le compteur Geiger est monté à 900. Ensuite , elle a mis une grosse plaque de plomb entre le compteur et le réveil. Le compteur est tout de suite redescendu entre 70 et 90. Enfin, on a mis le réveil dans le spectromètre de plomb qui pèse 1,5 tonne et on a vu sur l’écran des pointes qui correspondaient aux types de pollutions auxquels nous avions affaire. On a donc constaté que le plomb protège de la radioactivité et que la radioactivité fabriquée par l’homme est bien plus élevée que la radioactivité naturelle.

Atelier d’Eric :

Eric nous a aidés à traiter nos prélèvements : nous avons pris un petit pot rempli d’eau et de sable, nous avons mis le tout dans une petite barquette et nous l’avons pesée. Ensuite, nous sommes allés mettre la barquette dans une étuve à 60° pour l’assécher. Nous avons pris une barquette déjà asséchée que nous avait préparée Eric, car le procédé est long, il dure plusieurs jours. Nous avons ensuite pesé la barquette. Nous avons remarqué que le poids était moins important sans l’eau qu’avec l’eau. Eric nous a précisé que lorsque l’échantillon est une algue ou une patelle, il est asséché, puis écrasé et réduit en poudre.

Dans une autre pièce, Eric nous a montré comment rendre de l’eau propre : il a fait bouillir de l’eau de mer, qu’il a ensuite filtrée au-dessus d’une bouteille millimétrée.

Atelier d’Antoine :

Antoine nous a expliqué ce qu’était la radioactivité et en quoi elle était dangereuse pour la santé. Il nous a montré que la radioactivité n’est pas biodégradable : l’iode 129 par exemple, est radioactive pendant dix-sept millions d’années ! C’est énorme ! Même si le nucléaire est une énergie très utile, la mauvaise gestion des déchets nucléaires pose un souci et on ne peut, de ce fait, parler du nucléaire comme d’une énergie propre tant que le problème ne sera pas résolu.

Antoine nous a montré les endroits où sont localisés la radioactivité dans notre région. Par exemple, on trouve de l’iode et de l’argent à proximité des centrales de Penly, de Paluel et du site de traitement des déchets de la Hague. On trouve aussi du césium 137 dans la terre des jardins à cause du nuage de Tchernobyl. Il vaut donc mieux mettre des gants pour faire ses plantations.

C’était vraiment une super journée et nous avons beaucoup appris grâce à Mylène, Eric et Antoine qui étaient vraiment gentils. Ils sont même venus pique-niquer avec nous. Ils sont très forts dans leur domaine, pourtant, ils ont su expliquer des choses très compliquées très simplement et se mettre à notre portée! Nous avons pris le chemin du retour, tous contents de cette journée.

Marine Forestier, 5è2, Mélissa Leseur, 5è4

Emilie Bénard, Alba Caparros Roissard, Angélique Chauvin, Thibault Duhamel, Marion Guérain, Simon Lefebvre, 5è3

HIROSHIMA ET NAGASAKI

Les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki ont eu lieu les 6 et 9 août 1945; les dirigeants japonais avaient décidé d’ignorer l’ultimatum des Américains. C’est le président américain Truman qui a donné l’ordre de bombarder les deux villes. On s’enlisait dans la seconde guerre mondiale et ce fut un moyen rapide mais terriblement coûteux en vies de mettre un terme à la guerre (les Japonais étaient les alliés des Allemands). Hiroshima était un centre d’approvisionnement important et une base logistique militaire. Les bombes larguées sur les deux villes se nommaient « fat man » et « little boy »

On estime à 70 000 le nombre de personnes décédées au moment de l’explosion à Hiroshima et de 40 000 à Nagasaki. Il faudrait encore ajouter les différents cancers et pathologies qui ont suivi et coûté aussi la vie à de nombreuses personnes, sans parler de la pollution des espèces animales et végétales.

Timothé Picquet, 5/3

LA VENUE DE M. AUTRET

M.AUTRET, président de l’ACRO, est venu dans notre collège pour nous parler de l’après-Tchernobyl. Dans sa jeunesse, il était professeur, mais aujourd’hui, il est retraité et travaille avec les habitants des territoires contaminés par le nuage de Tchernobyl; il se rend parfois dans la zone interdite autour de la centrale. Quel courage!!.

« L’Europe et Tchernobyl » D. Gros, N. PICLOT

En 1986, une centrale explose en Russie pour des raisons techniques et des radio-éléments montent en hauteur et forment un nuage qui se déplace sur toute l’Europe et sur le Pôle Nord. Du fait des intempéries (vent, pluie, neige), les particules radioactives retombent sur le sol et le polluent. Le nuage contenait en particulier de l’iode et du césium 137.

Au départ, il n’y a pas eu d’information pour ne pas choquer les gens. En France, on a dit que le pays était protégé par un anticyclone et que le nuage s’arrêterait aux frontières, ce qui était faux. La Norvège est le seul pays d’Europe a avoir eu une vraie stratégie face à la radioactivité. Comme on ne savait pas quelle quantité d’iode il y avait dans l’air, on a interdit la consommation de certains aliments. On n’avait plus le droit de manger de poissons, de fruits, de légumes et de viande. Pendant huit semaines, les élevages de rennes ont suivi un régime approprié. Des tonnes de viande et de lait ont pourtant été jetées car elles dépassaient le seuil de la radioactivité. La radioactivité entraîne les cancers et les malformations des bébés. On constate effectivement à partir de 1996, beaucoup de malformations chez les animaux et une recrudescence des cancers. Un témoignage du film a également montré que les bergers qui vivaient dans la montagne en Grèce sont morts très rapidement.

Les populations samies, nomades, qui n’ont pas pu être protégées, n’ont pas fait l’objet d’une étude médicale sur les conséquences de la radioactivité car ils ne sont pas assez nombreux (2500) pour faire une étude réputée valide par la communauté scientifique internationale. Est-ce à dire que lorsqu’on est peu, on ne bénéficie pas des mêmes droits que le plus grand nombre?

Il est reconnu de notoriété publique qu’une faible contamination au césium 137 altère le système cardiovasculaire et que le nucléaire entraîne de très nombreux problèmes thyroïdiques dégénérant en cancers. Beaucoup reste à découvrir et donc à chercher en la matière.

M. Autret souligne que contrairement à ce qui est généralement perçu ou imaginé,  » on est au début de la catastrophe de Tchernobyl »: la région de Tchernobyl est polluée car les trois quarts des rejets sont retombés sur place. Si un feu de forêt survenait, on assisterait à un nouveau nuage de Tchernobyl!! Ce qu’on a oublié de nous dire… Et nos médecins, pas plus que la population, n’ont pas la formation nécessaire en cas de souci nucléaire. Un ingénieur ukrainien, au cours d’une discussion relative à la « meilleure sûreté » des centrales françaises a d’ailleurs dit à M. Autret« nous on a fait sauter une casserole, vous en France, vous ferez sauter une cocotte minute! ». Ne sommes-nous pas en effet le pays le plus nucléarisé au monde?

Comment se défendre contre la pollution nucléaire?

Il est difficile de se protéger des radiations. Le mieux, d’après le retour d’expérience Biélorusse est de ne pas manger de produits contaminés par les radioéléments. Il est nécessaire si on veut consommer les produits de son jardin ou de la nature de les mesurer afin de vérifier leur « propreté ». Certains produits, pommes, poires et cerises, ne fixent pas de radioactivité dans la pulpe. La pectine (de pomme) semble même capable de faciliter l’évacuation de certains contaminants quand, par mégarde ou envie on les a absorbés (gibier, poissons, baies et champignons…)

Le mieux serait d’éviter de produire ou du moins rejeter ces produits radiotoxiques en développant d’autres modes de production électrique à partir d’énergies renouvelables.

Quant au nucléaire, il faudrait, selon certains scientifiques, passer de la fission (on casse l’atome pour obtenir de l’énergie), à la fusion, qui elle, selon les mêmes scientifiques, ne génère pas ou moins de déchets. Le nucléaire, certes toujours dangereux, deviendrait-il alors une industrie plus propre ?

Adèle Debaut, 5è

2 responses so far

2 Responses pour “Autour du nucléaire”

  1. Antoine B. le 29 Mai 2010 à 15:24

    Très chouette article, vous aussi avez bien compris tout ce qu’on a pu vous dire lors de ces deux journées. C’est amusant de lire notre discours par les mots des autres.
    Bravo et merci pour votre enthousiasme.

  2. Jean-Claude Autret le 30 Mai 2010 à 20:46

    Bonsoir
    Je viens de lire le dernier article. Est-il possible de discuter du contenu ? Je ne pense pas avoir dit que les fruits évoqués permettaient d’absorber la radioactivité, ou alors, où avais-je la tête. Je poursuivrais volontiers la discussion sur l’article si vous le permettez ?
    Sinon, bravo pour votre célérité. vous êtes bien plus rapides que la plupart des équipes avec lesquelles je travaille pour faire un compte-rendu 🙂
    A bientôt sur le ouèbe
    J-C Autret

Comments RSS

Ecrire une réponse

*