Déc 17 2013

Noël ensanglanté

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Georges Monty acheta le journal, accompagné de son ami Joseph Boitabille, jeune journaliste au journal l’Aurore et détective amateur. Avec le geste de l’habitué, ils tournèrent les pages jusqu’à la rubrique fait-divers, sans se soucier des autres. Un article les interpella, Georges lut à haute voix pendant que Boitabille écoutait avec attention :

24 décembre 1904, Mademoiselle Pattinson, fille du célèbre inventeur et scientifique fêtait Noël avec sa famille et M. Robert Donzac (bientôt son fiancé) quand les bougies du salon s’éteignirent, un cri d’effroi déchira le calme paisible de la nuit. Lorsque la lumière fut, ils découvrirent la demoiselle étendue sur le sol, un poignard planté dans le dos. Robert Donzac, pendant le drame, était mystérieusement sorti dans les jardins. Fort heureusement, elle respirait encore malgré la difficulté, son père et le vieux serviteur l’emportèrent dans sa chambre en attendant le docteur. Robert Donzac, qui était revenu par la suite dans la chambre de son amour, redescendit dans la pièce et aperçut un mot sur la grille de cheminée : « Je reviendrai demain ». Le juge d’instruction M. Langrois et son greffier arriveront dans l’après-midi au château Fortoiseau pour trouver des indices. Le célèbre détective Fred Larslan les accompagnera.

Boitabille saisit le bras de Georges et dit avec véhémence :

« Allons-y, nous entrerons dans ce château et je battrai le grand Fred Larslan ». Dans sa voix, je sentais de la détermination, des frissons me firent remuer sur mon siège.

Ils sortirent de mon champ de vision, et pendant que j’attendais leur retour, j’entendais le bruit d’un train qui entre en gare. Sans voir les visages, je distinguai des voix : « Nous arrivons bientôt au château, mon cher ami Donzac, et je trouverai le coupable de ce crime ».

Et brusquement, changement de décor qui me laissa sans voix. Nous étions maintenant dans la cour d’un château qui, je pense, était le Fortoiseau. Boitabille alla donner le bonjour à Larslan. Après les politesses échangées, le détective dit : « L’hypothèse que ce soit quelqu’un venant de l’extérieur me semble décevante car la famille ne se trouve aucun ennemi, elle est même plutôt appréciée. Et donc le plus probable, ce serait que l’assassin fasse partie des personnes présentes ce soir-là. Et donc.. ».

Je ne pus entendre la suite. Boitabille se tourna vers son ami Georges, l’entraîna vers le côté du jardin. Il dit à la cantonade : « Le grand Fred résonne comme une savate, pire que le juge d’instruction. Moi, je battrai Larslan. » Il continua : « En arrivant au château, j’ai trouvé une échelle dans les hautes broussailles, suis-moi, tu comprendras ». Le soir tombait, ils arrivèrent par le côté de la cour et entrèrent dans la loge du gardien pour lui emprunter deux armes. Plus tôt, à l’heure du repas, ils avaient vu le gardien à l’auberge. L’aubergiste l’avait mis à la porte à grands coups de pied. Cela m’avait bien fait rire même si l’on me regardait de travers. Avant de sortir de sa loge, en bon journaliste, Boitabille lui posa la question : « Pourquoi ce coup de pied? » Il répondit qu’il était l’amant de la femme de l’aubergiste.

En sortant, ils passaient sous la fenêtre de la malheureuse quand ils virent de la lumière. Georges fit la courte échelle à son ami pour l’aider à grimper à l’arbre qui donnait sur la fenêtre de la chambre.

Boitabille resta dans l’arbre un temps interminable. Georges s’impatientait. Il n’était pas le seul. Que pouvait-il bien voir là-haut ?

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