Déc 17 2013

L’effraction inattendue

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J’étais la maman de quatre enfants. Avec mon mari, nous étions très pauvres. Lui mendiait toute la journée tandis que moi, je me débrouillais comme je pouvais. A sept heures du matin, mes enfants partaient à l’école et mon mari allait en quête d’une aumône.

Je prenais souvent le journal que j’avais trouvé la veille et consultai les petites annonces. Mais rien. Aucun travail que je pouvais faire, il fallait au moins un diplôme, chose que je n’avais pas. Je partis alors me promener dans la rue. On ne pouvait pas vraiment dire que c’était se promener : j’allais fouiller les poubelles. Mon mari avait beau mendier la journée durant, il revenait bredouille, disant qu’il n’avait pas d’argent.

Il rentrait le soir très tard, juste pour dormir, il ne me faisait même plus de câlin. J’étais triste. J’avais le sentiment d’être seule face au monde entier.

Ce soir-là, j’attendis qu’il rentre. Il fallait que je discute avec lui à propos de ces absences répétées. Lorsqu’il rentra, je lui dis qu’il fallait que l’on parle. Il accepta avec quelques hésitations. Je lui demandai pourquoi il était toujours absent. Il me répondit qu’il espérait toujours avoir un sou, surtout tôt le matin, à midi et le soir : les gens étaient plus disponibles à ces moments-là, moins préoccupés par leur travail. « Tu fais la manche mais tu ne rapportes jamais d’argent.

-Ce n’est pas ma faute, calme-toi. », disait-il, résigné. J’eus pitié de lui. Le lendemain, je repartis faire les poubelles. Au moins, je trouvais de quoi subvenir à nos besoins, c’est à dire manger.

La récolte fut maigre : je rentrais chez moi avec tout un assortiment de gâteaux et de fruits. A midi, mes enfants rentrèrent de l’école pour manger. Ils ne pouvaient pas manger à la cantine. Dans leur assiette, se trouvaient quelques gâteaux. Cela les changeait, souvent, ils ne mangeaient pas à midi. Berta avait une banane, Martine une pêche, François lui, une pomme et Stéphane une orange. Ce repas terminé, ils repartirent à l’école et moi en quête de trouver de quoi se nourrir pour le soir.

Je m’aventurais dans un quartier inconnu. A un coin de rue se trouvait un restaurant de luxe, je me dis que les poubelles étaient peut-être mieux garnies. En y allant, je regardais les maisons aux alentours, elles étaient magnifiques, c’était probablement des maisons de riches.

Je m’arrêtai, et me dis : « Je vais voler, maintenant ! J’en ai par-dessus la tête de faire chaque jour les poubelles ! » J’avais repéré une maison cossue, les objets qui s’y trouvaient avaient certainement beaucoup de valeur. Je pourrais donc les revendre pour acheter de la nourriture et des affaires pour mes enfants. J’étais très triste et honteuse de voler, mais je n’avais pas le choix. Je cassai une vitre et rentrai dans cette maison, mais tout d’un coup je vis…

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