Déc 17 2013

Le veuf remarié

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M. Adam était veuf depuis deux ans. Il habitait à Paris dans un appartement immense, à la hauteur de ses moyens : il était le patron d’une grande entreprise de commerce. Cependant, la richesse ne lui apportait pas le divertissement, il cherchait une femme qui égaie ses mornes journées. Il l’imaginait jeune.

Lors d’une soirée, M. Adam rencontra la perle rare : une jeune fille, attablée en face d’une autre femme, offrait tous les charmes qu’il imaginait. Il s’avança vers leur table et découvrit le visage de l’interlocutrice : le même visage, ou presque ! Un peu plus fâné, cependant. Des rides creusaient les joues, le bleu des yeux tirait sur le jaune. Même coiffure, même couleur de cheveux cependant : était-ce la sœur ? Il décida d’entamer la conversation et s’approcha de la table.

« Bonsoir mesdames, est-ce que j’ai la possibilité de m’asseoir ici avec vous? », demanda le vieil homme en fixant la jeune femme.

Sans laisser parler la jeune femme, la dame répondit : « Oui! Bien sûr monsieur, je vous en prie. Je suis madame Firdevs. » Désignant du doigt la jeune femme : « Elle, c’est ma fille, Bella.

-Enchanté, je suis Georges Adam, dit-il en dévorant du regard la jeune femme. Bella… Mais quel joli prénom, et si juste ! »

La mère, quelque peu froissée de l’attention que M. Adam portait à sa fille, s’excusa et déclara qu’il leur fallait partir. « Mesdames, je vous invite demain soir à dîner dans un restaurant. Vous laisserez-vous tenter ? » Bella allait répondre, quand sa mère la coupa : « Bien sûr! », répondit la dame, avec un sourire mielleux. Elle comptait bien séduire cet homme mûr et voyait là une occasion inespérée.

Le lendemain, à dix-neuf heures du soir, les deux femmes se rendirent au restaurant. Elles prirent place et quelques minutes plus tard, monsieur Adam arriva. Confus d’être en retard, il salua Bella en baisant sa main. Madame Firdevs ne put s’empêcher de rougir : cet homme était bien galant, cela faisait longtemps qu’on ne l’avait pas traitée avec tant d’égards. Monsieur Adam se rendit compte de sa méprise lorsqu’il releva les yeux et qu’il aperçut le visage fâné. Décidément, il s’était encore trompé.

Pendant le dîner, monsieur Adam griffonna ces quelques mots sur un bout de papier :

 

«Cette fille, je l’aime. J’ai envie d’être toujours avec elle… Je l’aime tellement… Cette fille, c’est toi, ma chère Bella, veux-tu m’épouser?»

 

Le billet revint quelques minutes plus tard à M. Adam, sous la table : un « Oui ! » orné d’un cœur y était inscrit.

Le jour du mariage arriva. C’était la plus belle journée du vieil homme. La mariée vint se placer à côté de lui près de l’autel. Le voile lui allait à merveille. Après que tous deux eurent donné leur consentement mutuel, M. Adam leva le voile de Mme Adam et…

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