Déc 17 2013

Importuns visiteurs

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Je suis assise, sur mon espèce de lit, je suis en train d’écrire, encore et encore. Je le vendrai, mon livre, je suis sûre qu’il va bien se vendre, comme les précédents.

En ce moment, je raconte mon autobiographie. La peinture blanche qu’a mise ma fille dans ma chambre ne me plaît pas, elle m’éblouit les yeux. D’ailleurs, c’est elle qui vient d’arriver. Elle me dépose le repas car elle sait que je suis très occupée avec ce livre. Je lui demande si elle va bien. Par courtoisie. Elle hoche la tête et me demande :

« Et toi, ça va?

-Oui, ça va mais…

-Mais…quoi? »

Je ne vais pas lui dire à quel point je trouve son gilet blanc déplaisant et son chignon mal attaché. Elle me fait un sourire, me caresse la main et part en fermant bien la porte.

Mon mari, Paul, entre à son tour. Il me demande où j’en suis avec ce livre, je lui réponds qu’il me reste encore beaucoup à écrire et qu’il faut qu’il me laisse tranquille. Ma chère fille est de retour et voit que je n’ai pas entamé mon repas, elle me demande en souriant:

« Tu ne manges pas ?

-Non, je suis tellement concentrée que je n’ai même pas faim, demande à ton père s’il en veut, » lui dis-je gentiment.

Elle me regarde avec des gros yeux. Je prends un ton détendu :

« Ah oui ! Que je suis bête, ton père n’aime pas les haricots! »

Elle effleure mon épaule, me sourit et repart.

Paul me regarde, attristé. « Paul, ne t’inquiète pas elle te reparlera un jour. », lui dis-je sur un ton pathétique. Apparemment satisfait de ma réponse, il sort de la chambre.

Après quelques heures passées à écrire, je décide de m’allonger. Je commence à fermer les yeux, mais voilà mon fils qui entre. Il est vêtu d’un sweat-shirt et d’un pantalon noir. Il s’est peigné les cheveux. Il raconte sa journée passée avec ses amis, il rit puis après un long moment de silence, il décide de partir. Tant mieux. Sûrement avait-il senti ma fatigue ?

Peu de temps après, Laure revient, mais j’en tellement assez de tous ces allers et retours que je lui dis : « Écoute, Laure, merci, mais ton frère vient juste de partir, alors laisse-moi! »

Elle reste bouche bée, ne sachant où fixer son regard. Elle s’éclipse. Je l’ai peut-être blessée en lui parlant trop fort ? La porte se ferme. A double tour. C’est bien, je ne serai plus dérangée. « Que cette famille est pesante pour elle », murmura…

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