Jan 16 2012

Marcel Aymé sous le feu des projecteurs au CDI

Publié par à 13 h 31 min dans CDI,Idées de lectures

C’est quand il parle d’enfance et d’adolescence, en particulier dans « les Bottes de Sept Lieues » que Marcel Aymé est le plus intéressant, le plus profond, tout comme ses histoires de paysans qui ne s’étonnent jamais de voir une ancienne déesse païenne se balader dans leurs champs accompagnée de serpents, ou d’entendre les animaux parler et discuter avec deux petites filles comme dans « Les contes du chat perché » :
« Les petites étaient ennuyées de savoir que le loup avait froid et qu’il avait mal à une patte. La plus blonde murmura quelque chose à l’oreille de sa sœur, en clignant de l’œil du côté du loup, pour lui faire entendre qu’elle était de son côté, avec lui. Delphine demeura pensive, car elle ne décidait rien à la légère.
– Il a l’air doux comme ça, dit-elle, mais je ne m’y fie pas. Rappelle-toi Le Loup et l’Agneau… L’agneau ne lui avait pourtant rien fait.
Et comme le loup protestait de ses bonnes intentions, elle lui jeta par le nez :
– Et l’agneau, alors ?… Oui, l’agneau que vous avez mangé ?
Le loup n’en fut pas démonté.
– L’agneau que j’ai mangé, dit-il. Lequel ?.. »
Car « la nature ne se perd pas. Ce qui se défait d’un côté se refait d’un autre. » comme il l’écrit dans « La Vouivre »  adaptée au cinéma par Georges Wilson.
Il s’était essayé au début de sa carrière au réalisme social. C’est dans « La rue sans nom ». Il gardera toute sa vie un profond amour pour les innocents, les petits même si ceux-ci sont mal considérés.
Étroite, coincée entre deux rangées d’immeubles lépreux, c’est la rue des miséreux. Un homme, Finocle, l’arpente fiévreusement au début de l’histoire : il recherche Méhoul, un ancien complice de ses méfaits. Celui-ci habite la rue, dans un sordide deux pièces-cuisine, avec sa femme, belle autrefois, et Manu, son voyou de fils. Aujourd’hui, Méhoul est rangé des voitures, pauvre mais honnête. L’apparition de Finocle suscite en lui le rejet total de son passé crapuleux. Mais son complice menace : s’il refuse de l’héberger avec sa fille il le dénonce à la police.

Il injectera ensuite dans ses histoires plus de fantastique comme dans « le Passe-Muraille » ou « la Grâce »…
Son théâtre est excellent également,  dont « Clérambard » ou « la Tête des autres ». On peut citer cette réplique de « Clérambard », pièce dans laquelle une brute est séduite par les fioretti de Saint François d’Assise : « Le monde souffre de ne pas avoir assez de mendiants pour rappeler aux hommes la douceur d’un geste fraternel ». Malgré la ruine, le vicomte de Clérambard s’impose en tyran sur gens, en particulier sur sa famille, et sur les animaux. Au début de la pièce, il vient de tuer le chien du curé. Au village, nombreux sont les gens qui voudraient lui donner une correction, mais personne n’est assez courageux pour aller jusqu’au bout. C’est alors le gardien du château du vicomte, Gustalin, organise un simulacre et se déguise en saint François, ce qui poussera Clérambard, dupé par le déguisement, car malgré sa méchanceté il est aussi crédule, ce qui va souvent de pair, à plus de bonté.

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