Un grand journaliste à Camus

Le mercredi 20 mars 2019, les 4ème 1, quelques professeurs du collège Albert Camus et moi-même avons eu la chance de rencontrer un grand reporter de guerre : Pascal Manoukian.

                                                photo : Merci à M. Mainnemarre du Paris-Normandie

Pourquoi est-il venu ?

Certaines personnes doivent se poser cette question, et j’ai la réponse. Il est venu car, comme chaque année, le collège Albert Camus, plus précisément Mme jereczek, professeur de français, participe à la semaine de la presse, dont le thème retenu cette année est « l’information sans frontières ? ». Voilà pourquoi nous avons eu l’honneur de la visite de Pascal Manoukian.

photo : M. Mainnemarre / Paris Noramndie

Il nous a expliqué pourquoi et comment il est devenu journaliste. C’était un élève de troisième comme tous les autres, sauf que lui ne savait pas quel métier exercer plus tard. Jusqu’au jour où son professeur d’histoire lui raconta la guerre comme si elle était en train de se dérouler, même si elle était terminée depuis des années, et c’est comme ça qu’il a voulu devenir reporter de guerre.

A dix-huit ans, après son bac, il est parti en Amérique du Sud. Là-bas, il est tombé sur une guérilla et a voulu en faire un article. Mais il n’avait pas de journal, alors il en a inventé un. C’est cet article qui a confirmé sa première impression, il devait être reporter de guerre.

Au total, il a couvert une vingtaine de conflits. Il n’a jamais été blessé mais a vu des horreurs. Il a vu un jeune homme âgé de seize ans, messager à Sarajevo, se faire « descendre » sous ses yeux avec deux autres personnes par des snipers. Lui n’a pas été touché mais il s’en veut pour le jeune messager. Il a aussi couvert une guerre civile en Afrique où il y a eu 800 000 morts (Rwanda), cela a dû être dur à voir.

Un stratège…

Pascal Manoukian a connu les « galères » pour voyager et franchir les frontières. En temps de guerre, il ne pouvait pas dire qu’il était journaliste, sinon il n’aurait pas été accepté. Alors, il les passait comme un clandestin ou bien il avait une stratégie imparable : il disait qu’il était ornithologue, car ces derniers ont le même matériel que les journalistes (appareils photo, zooms…). Si on ne le croyait pas suffisamment, il se mettait à imiter le chant des oiseaux et à expliquer quels étaient les oiseaux rares du pays. Et là, il pouvait passer et faire son travail de journaliste. Il avait d’autres stratégies encore, notamment pour prendre des photos des chars soviétiques en Afghanistan, en cachette. Il attendait dans un trou creusé dans le désert que les chars passent et prenait alors des photos. Il en avait eu assez de se cacher ainsi (chaleur, puanteur…) et il s’était déguisé en berger pour continuer à prendre des photos sans que les Soviétiques ne s’en doutent.

 

 

 

 

C’était dur…

Le plus dur, c’est de ne pas avoir de téléphone ni internet pour appeler sa femme, mais c’est aussi d’avoir vu des enfants soldats, drogués, dès 15 ans ou même moins. Ils dirigent la ville comme des majeurs et ont la responsabilité de défendre leur pays.

Après avoir passé vingt-cinq ans sur le terrain, dont dix ans en tant que photographe, il a été trois ans directeur de l’agence CAPA, à la demande des salariés qui comptaient sur lui. Dans cette agence, ils étaient à peu près une centaine de journalistes et en vingt-six ans il n’y a eu qu’un seul blessé, à cause d’une balle à la hanche.

 

Maintenant écrivain

Pascal Manoukian a décidé de consacrer la fin de sa vie à l’écriture. Son premier livre parlait de ses origines arméniennes car ses ancêtres ont été victimes du génocide arménien en 1915. Il avait vingt-huit ans quand il a commencé à l’écrire. Aujourd’hui, il est passé à la fiction sur le thème de l’actualité. Pour écrire, il s’inspire souvent de sa vie passée de journaliste.  Il a publié notamment :

Les échoués qui parle de l’arrivée des migrants et a été adapté au théâtre.

Ce que tient ta main droite qui évoque comment Daesh embrigade les jeunes.

Le paradoxe d’Anderson sur les violences sociales en France qui va être adapté bientôt à la télévision.

Ses livres ont toujours le même succès, il vend à chaque fois environ 10 000 exemplaires de chaque.

 

Pour terminer, voilà quelques photos prises par Pascal Manoukian en Afghanistan :


Angelo Mauger

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